Le " populisme de march " est la pice centrale du nouveau consensus amricain. Il revendique grands cris sa nature dmocratique et pourtant les institutions, dmocratiques formelles n'ont jamais sembl plus lointaines et plus dplaces que sous son rgne. Il discute avec ferveur de la justice conomique et pourtant, dans les annes 1990, l'conomie amricaine a enrichi les riches et nglig les plus pauvres dans des proportions qu'on n'avait plus connues depuis les annes 1920. Il critique l'" litisme " tout en transformant la classe des dirigeants d'entreprise en une des lites les plus riches de tous les temps. Il s'en prend la hirarchie mais il fait de l'entreprise la plus puissante institution du monde. Il clbre l'autonomisation accrue de l'individu mais considre pourtant ceux qui en usent pour dfier les marchs comme des automates. Il acclame la libert de choix tout en proclamant que le triomphe des marchs est invitable. Mais en dpit de toutes ces contradictions, le populisme de march constitue une doctrine tonnamment vivace, qui peut survivre ses dfauts, parce qu'il s'est lui-mme inocul sa propre opposition. Aussi, ce qu'il nous faut, c'est un vritable contrepouvoir, une force qui rsiste aux impratifs du profit au nom de la dmocratie conomique. C'est--dire, au bout du compte, ce que rclamaient autrefois les vrais Populistes. Ce livre raconte comment, dans les annes 1990, la communaut des affaires a fini par acqurir cette lgitimit tant convoite en persuadant le reste du monde que la voie du laissez faire n'tait pas seulement la meilleure et la seule possible mais galement la plus soucieuse de rpondre la volont et aux intrts populaires. Il montre comment " dtruire l'ancien monde " pour difier un nouveau, plus sr, l'usage des milliardaires fut une entreprise la fois politique, culturelle et conomique