
Marie a perdu le fil de sa vie. Plus rien n’arrête son regard, sauf ce jour-là, un groupe d’hommes en haillons massés près du Monoprix. Sans savoir pourquoi, elle pénètre dans la tente dressée près de la mairie, se joint aux bénévoles pour servir des repas à ceux que dans la ville on appelle les « Kosovars ». Négligeant sa famille, indifférente aux attentions de son mari, à la tendresse de ses enfants, elle se consacre entièrement à la survie de ces hommes en perdition. Elle leur donne tout : de la nourriture, des vêtements, son temps, son argent. Entraînée malgré elle dans un drame, elle s’expose à tous les dangers, y compris celui d’y laisser sa peau.À l’abri de rien est un roman bouleversant, un livre exceptionnel. On y retrouve le lyrisme âpre, « à ras d’homme », quelque part entre Pialat et Miossec, qui le caractérise.