
Romancier de renom, Olivier Adam connaît un succès populaire et critique indéniable qui le place parmi les écrivains les plus connus de sa génération. Ancien étudiant en gestion des entreprises culturelles, il participe à la création du festival littéraire 'Les Correspondances de Manosque' et travaille comme directeur de collection aux éditions du Rouergue. C'est son premier roman paru en 2000, 'Je vais bien, ne t'en fais pas' qui lui permet d'accéder à la notoriété. Lauréat du prix Goncourt de la nouvelle en 2004 pour 'Passer l'hiver', l'auteur poursuit néanmoins dans la veine romanesque avec 'Falaises' ou 'À l'abri de rien'. Des histoires plein la tête, Olivier Adam sort coup sur coup 'Des vents contraires' (2009) et 'Le coeur régulier' (2010), tout en écrivant des ouvrages jeunesse, 'Les Boulzoreilles', avec Euriel Dumait (2010) ou 'Personne ne bouge' (2011). Parmi les auteurs français les plus adaptés au cinéma, il collabore dès 2006 avec Philippe Lioret, au scénario de l'adaptation de son premier roman 'Je vais bien, ne t'en fais pas'. Il retrouve ensuite le réalisateur pour l'écriture du script de 'Welcome'. Il participe également aux scénarios de 'Poids léger' et 'Maman est folle (d' après 'À l'abri de rien') de Jean-Pierre Améris, et à celui de l'adaptation par Jalil Lespert de son roman 'Des vents contraires', sorti en décembre 2011. http://www.evene.fr/celebre/biographi...
Entre son ex-femme dont il est toujours amoureux, ses enfants qui lui manquent, son frère qui le somme de partir s'occuper de ses parents "pour une fois", son père ouvrier qui s'apprête à voter FN et le tsunami qui ravage un Japon où il a vécu les meilleurs moments de sa vie, tout semble pousser Paul Steiner aux lisières de sa propre existence. De retour dans la banlieue de son enfance, il va se confronter au monde qui l'a fondé et qu'il a fui. En quelques semaines et autant de rencontres, c'est à un véritable état des lieux personnel, social et culturel qu'il se livre, porté par l'espoir de trouver, enfin, sa place. Dans ce roman ample et percutant, Olivier Adam embrasse dans un même souffle le destin d'un homme et le portrait d'une certaine France, à la périphérie d'elle-même.
Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l'air perdu. Il m'a pris dans ses bras et s'est mis à pleurer. Un court instant j'ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte. Puis il s'est écarté et j'ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par balbutier : " On l'a retrouvée. Merde alors. On l'a retrouvée. C'en est fini de ce cauchemar. " Il se trompait. Ma soeur serait bientôt de retour mais nous n'en avions pas terminé.
Antoine vient d’avoir dix-huit ans et il est déjà sur la mauvaise pente. Heureusement il y a Leila, rencontrée à Pôle Emploi. Elle est belle, bien plus âgée que lui. Mais qu’est-ce qu’une fille comme elle peut bien lui trouver ? N’empêche que ça devient de plus en plus sérieux entre eux.⠀Le problème, c’est qu’elle a un gosse. Et un mec. Du genre pas commode. Cette histoire ne peut pas mener bien loin, Antoine le sait. Mais quand le type lui tombe dessus et que Leila s’enfuit de chez elle terrorisée, il faut bien faire quelque chose. Se tirer, par exemple. Mais où ? Antoine a une idée. Ils embarquent le gosse et prennent la route. Direction : les Roches rouges.⠀⠀Ce qu’il ignore, c’est que là-bas, il y a sa sœur. Et ça fait des mois qu’elle ne veut plus entendre parler de lui. Ce dont il se doute, par contre, c’est que le temps leur est compté : le mec de Leila ne va pas la laisser filer comme ça sans rien faire…Après le succès de "La Tête sous l'eau", Olivier Adam nous offre un roman encore plus bouleversant. Un de ceux qui vous marquent pour longtemps...⠀
Marie a perdu le fil de sa vie. Plus rien n’arrête son regard, sauf ce jour-là, un groupe d’hommes en haillons massés près du Monoprix. Sans savoir pourquoi, elle pénètre dans la tente dressée près de la mairie, se joint aux bénévoles pour servir des repas à ceux que dans la ville on appelle les « Kosovars ». Négligeant sa famille, indifférente aux attentions de son mari, à la tendresse de ses enfants, elle se consacre entièrement à la survie de ces hommes en perdition. Elle leur donne tout : de la nourriture, des vêtements, son temps, son argent. Entraînée malgré elle dans un drame, elle s’expose à tous les dangers, y compris celui d’y laisser sa peau.À l’abri de rien est un roman bouleversant, un livre exceptionnel. On y retrouve le lyrisme âpre, « à ras d’homme », quelque part entre Pialat et Miossec, qui le caractérise.
" La nuit nous protégeait et à ce moment précis j'avoue avoir pensé que les choses allaient redevenir possibles, ici j'allais pouvoir recoller les morceaux et reprendre pied, nous arracher les enfants et moi à cette douleur poisseuse qui nous clouait au sol depuis des mois, à la fin la maison, les traces et les souvenirs qu'elle gardait de nous quatre, c'était devenu invivable, je ne sortais presque plus et les enfants se fanaient sous mes yeux. "Depuis que sa femme a disparu sans plus jamais faire signe, Paul Anderen vit seul avec ses deux jeunes enfants. Mais une année s'est écoulée, une année où chaque jour était à réinventer, et Paul est épuisé. Il espère faire peau neuve par la grâce d'un retour aux sources et s'installe alors à Saint-Malo, la ville de son enfance.Mais qui est donc Paul Anderen ? Un père qui, pour sauver le monde aux yeux de ses enfants, doit lutter sans cesse avec sa propre inquiétude et contrer, avec une infinie tendresse, les menaces qui pèsent sur leurs vies. Olivier Adam, dans ce livre lumineux aux paysages balayés par les vents océaniques, impose avec une évidence tranquille sa puissance romanesque et son sens de la fraternité.
La saison touristique touche à sa fin dans ce village niché sur les rives du lac d'Annecy. Comme souvent, Antoine passe la soirée au Café des Sports avec les habitués. L'atmosphère est à la fête. Mais quand, au petit matin, on découvre le corps d'une femme assassinée au bord de l'eau, c'est vers lui que se portent les regards. Connu de tous, jugé instable par beaucoup, y compris par sa propre famille, ce bientôt quadragénaire aux airs d'éternel adolescent fait vite figure de coupable idéal. Sans doute un peu trop. Car, ce soir-là, ils sont nombreux à être partis tard dans la nuit. Dans ce roman redoutable empruntant au genre du roman noir, Olivier Adam donne la parole à tous les protagonistes de l'affaire et fait l'autopsie d'une communauté où sont tapis la violence des hommes et leurs silences.
- Tu crois qu'il va venir ? m'a demandé Antoine en s'allumant une cigarette.J'ai haussé les épaules. Avec Paul comment savoir ? Il n'en faisait toujours qu'à sa tête. Se souciait peu des convenances. Considérait n'avoir aucune obligation envers qui que ce soit. Et surtout pas envers sa famille, qu'il avait laminée de film en film, de pièce en pièce, même s'il s'en défendait.- En tout cas, a repris mon frère, si demain il s'avise de se lever pour parler de papa, je te jure, je le défonce.- Ah ouais ? a fait une voix derrière nous. Je serais curieux de savoir comment tu comptes t'y prendre...Antoine a sursauté. Je me suis retournée. Paul se tenait là, dans l'obscurité, son sac à la main. Nous n'avions pas entendu grincer la grille. J'ignore comment il s'y prenait. Ce portillon couinait depuis toujours. Aucun dégrippant, aucun type d'huile n'avait jamais réussi à le calmer. Mais Paul parvenait à le pousser sans lui arracher le moindre miaulement.
Depuis la mort de Nathan, ce frère tant aimé, Sarah se sent de plus en plus étrangère à sa vie, jusque-là si parfaite. Le cœur en cavale, elle s'enfuit au Japon et se réfugie dans un petit village au pied des falaises. Nathan prétendait avoir trouvé la paix là-bas, auprès d'un certain Natsume. En revisitant les lieux d'élection de ce frère disparu, Sarah a l'espoir de se rapprocher, une dernière fois, de lui. Mais c'est sa propre histoire qu'elle va redécouvrir, à ses risques et périls.
Étretat. Sur le balcon d’une chambre d’hôtel, un homme veille. Au bout de son regard : les falaises éclairées d’où s’est jetée sa mère, vingt ans plus tôt.Le temps d’une nuit, le narrateur déroule le film de sa vie, cherche dans sa mémoire rétive les traces de cette mère disparue. Il fouille son enfance, revient sur sa jeunesse perdue, sur son père brutal, son frère en fuite, ses années à Paris.Ce qu’il puise dans ses souvenirs : un flot d’images, de sensations, de lieux, d’apparitions. Et cette question : comment suis-je encore en vie, qui m’a sauvé ?Dans ce roman qui semble faire table rase du passé pour mieux le ranimer, Olivier Adam convoque tous les thèmes et les personnages qui lui sont chers. Ainsi rassemblés, ils donnent à Falaises un souffle et une ampleur romanesques rares.
اولیویه آدام از چهرههای جوان و پُرکار ادبیاتِ امروز فرانسه است. او در سالِ ۱۹۷۴ به دنیا آمده و تاکنون آثار متعددی منتشر کرده که شاید یکی از مشهورترینهایشان همین کتاب است؛ مجموعه داستانِ گذر از زمستان که سال ۲۰۰۴ جایزهٔ معتبرِ گُنکور را از آن خود کرداین داستانها با روایتی نزدیک به هم جهانی میسازند که در عین استقلال وحدت دارند. در واقع کاری که آدام در این کتاب انجام داده است استفاده از فرمِ داستان کوتاه بوده برای نوشتنِ رمانی مقطع. اکثرِ داستانها دربارهٔ فقدان، زندگی گذشته، آدمهایی که از دست رفتهاند، مرگ و فردیتاندهر کدام از روایتهای آدام رابطهای دارند با یک گذشتهٔ دور و برای همین طعمی از نگاهِ مارسل پروست را میتوان در ذهنِ این نویسندهٔ جوانِ فرانسوی دید. عنصرِ برف در بیشتر داستانها حضوری ثابت دارد و همینطور مواجههٔ قهرمانهای او با امری که در این میانه آنها را ناچار میکند به بازخوانی گذشته و طبیعتِ اطرافشاندر اهمیت این کتاب همین بس که اصولاً در سنت فرانسه داستانِ کوتاه چندان اهمیتی ندارد و این نویسنده توانسته با این داستان کوتاههای به هم پیوسته به جایزهٔ گُنکور برسد
Les touristes ont déserté les lieux, la ville est calme, les plages à l’abandon. Pourtant, en quelques jours, deux événements vont secouer cette station balnéaire de la Côte d’Azur : la sauvage agression d’Antoine, jeune homme instable et gloire locale du football amateur, qu’on a laissé pour mort devant l’hôpital, et une tempête inattendue qui ravage le littoral, provoquant une étrange série de noyades et de disparitions. Familles des victimes, personnel hospitalier, retraités en villégiature, barmaids, saisonniers, petits mafieux, ils sont vingt-deux personnages à se succéder dans une ronde étourdissante. Vingt-deux hommes et femmes aux prises avec leur propre histoire, emportés par les drames qui agitent la côte.Avec Peine perdue, Olivier Adam signe un livre d’une densité romanesque inédite, aux allures de roman noir, et dresse le portrait d’une communauté désemparée, reflet d’un pays en crise.© Flammarion, 2014Photo de couverture (détail) : © Abi Massey / Moment / Getty Images / Portrait de Olivier Adam par David Ignaszewski / Koboy © Flammarion
Avec Dans la nuit blanche, Olivier Adam nous offre un roman choral sensible mâtiné de thriller, entre nuits blanches et faux-semblants.C'est blanc. Partout.Un champ de neige immense, sous un ciel incroyablement lumineux.Je flotte à quelques centimètres du sol.Des sons assourdis me parviennent comme à travers un mur.À un moment j'ai senti que je quittais mon corps.Je ne sais plus quand c'était.Il y a deux secondes.Deux heures.Deux jours.Deux mois.Je me suis élevé.Antoine était dans le coma.Il s'était fait renverser par une bagnole et on l'avait emmené aux urgences alors qu'il avait perdu connaissance.Physiquement, il n'y avait pas trop de dégâts.Deux côtes cassées. Le poignet fracturé. Des hématomes et des contusions un peu partout. Mais pour le moment il était dans les limbes. J'ai mis un petit temps à réaliser.D'abord j'ai pensé à son poignet. C'était le droit ou le gauche ? Je sais, c'est débile, mais c'est ça que je me suis demandé en premier. S'il pourrait rejouer au tennis et quand. Et la guitare. Et puis le plus important a fini par se faire une place dans mes pensées. Il était dans le coma. Entre la vie et la mort.
Un appartement vide : c'est ce que trouve Nathan quand il vient chercher son petit garçon chez son ex-femme. Très vite, il doit se rendre à l'évidence : Jun est rentrée au Japon, son pays natal, avec Léo. A l'incompréhension succède la panique : comment les y retrouver, quand tant d'autres là-bas courent en vain après leurs disparus ? Et que faire de ces avertissements que lui adresse son entourage : même s'il retrouve leur trace, rien ne sera réglé pour autant ?Entre la Bretagne où il tente d'épauler Lise, elle aussi privée de son fils, et un Japon qu'il croyait connaître mais qu'il redécouvre sous son jour le plus cruel, Nathan se lance dans une quête effrénée.En retraçant l'itinéraire d'un père confronté à l'impensable, Olivier Adam explore la fragilité des liens qui unissent les parents et leurs enfants.
Après une parenthèse parisienne qui n’a pas tenu ses promesses, Paul Lerner, dont les derniers livres se sont peu vendus, revient piteusement en Bretagne où il accepte un poste de journaliste pour l’hebdomadaire local. Mais les ennuis ne tardent pas à le rattraper. Tandis que ce littoral qu’il croyait bien connaître se révèle moins paisible qu’il n’en a l’air, Paul voit sa vie conjugale et familiale brutalement mise à l’épreuve. Il était pourtant prévenu : un jour ou l’autre on doit négocier avec la loi de l’emmerdement maximum. Reste à disputer la partie le plus élégamment possible.Comme dans Falaises, Des vents contraires ou Les Lisières, Olivier Adam convoque un de ses doubles et brouille savoureusement les pistes entre fiction et réalité dans ce grand livre d’une vitalité romanesque et d’une autodérision très anglo-saxonnes.
« Ce n’est qu’au moment d’entrer dans le bar-tabac que la nouvelle m’a vraiment heurté, qu’elle a commencé à filer le tissu du drap que je tendais depuis des années sur cette partie de ma vie. J’ai demandé deux paquets de cigarettes, salué les habitués du plat du jour. Au-dessus des tables, un téléviseur s’allumait sur une chaîne d’information en continu. À l’instant où j’y ai posé les yeux, le visage éminemment télégénique de Jean-François Laborde s’est figé sur l’écran. J’ai demandé qu’on augmente le volume. On annonçait son décès dans un accident de voiture. Suivait un rappel succinct de sa biographie. Fugacement, la pensée, absurde étant donné le temps accordé à l’information, qu’il n’avait pas été fait mention de ma mère m’a traversé l’esprit. »Dans La renverse, Olivier Adam retrace l’itinéraire d’Antoine, dont la vie s’est jusqu’à présent écrite à l’ombre du scandale public qui a éclaboussé sa famille quand il était encore adolescent. Et ce faisant, il nous livre un grand roman sur l’impunité et l’humiliation, explorées au sein de la famille comme dans l’univers politique.
Je suis la fille du chanteur. La fille seule au fond des cafés, qui noircit des carnets, note ce qu’elle ressent pour savoir qu’elle ressent. La fille qui se perd dans les rues de Paris au petit matin. La fille qui baisse les yeux. Je suis la fille dont le père est parti dans la nuit. La fille dont le père a garé sa voiture le long du fleuve. La fille dont le père a été déclaré mort. Celle qui prend un avion sur la foi d’un cliché flou. Celle dans les rues de Lisbonne, sur les pentes de l’Alfama. Qui guette un musicien errant, une étoile dépouillée d’elle-même, un ermite qui aurait tout laissé derrière lui. La fille qui traverse les jardins, que les vivants bouleversent, que les mots des autres comblent, la fille qui ne veut pas disparaître. Qui peu à peu se délivre.
J'ouvre les yeux.J'ai encore des flammes sous les paupières. Tous les matins c'est pareil. Je me réveille. Et il y a le souvenir du feu dans mon sommeil. Ces temps-ci je ne rêve plus. Plus vraiment. Ou alors je ne m'en souviens pas. Mais au matin il reste ça. Des flammes. Elles dévorent tout. Prennent toute la place. Réduisent tout en cendres.Il faudrait que je parvienne à ne plus y penser. Après tout ce n'est rien. Juste des flashs. Des images incrustées dans la nuit. Mais je ne peux pas. J'ai déjà ignoré trop de signes. Et je l'ai payé cher.
"C'est au retour, dans la voiture, que nous avons commencé à nous raconter notre propre histoire. Ça te paraissait le bon moment pour tout récapituler, et nous dire ce que nous n'avions jamais réussi à nous dire jusqu'alors. Le bon moment aussi pour nous rappeler ensemble ce que nous avions partagé." Pourquoi Paul et Sarah se décident-ils à retisser le fil de quarante années d'amitié ? Est-ce pour tenter de comprendre l'insaisissable et irrésistible Alex, pierre angulaire de leur trio amical ? De leur enfance en banlieue pavillonnaire, où leur pacte s'est scellé à l'ombre d'un secret et dans le creuset de leurs aspirations communes, jusqu'à leur vie d'adultes et son lot de joies et d'épreuves, c'est peut-être aussi ce qui les a liés et déliés au fil du temps que ces "inséparables" cherchent à ausculter. Dans cet ample roman qui embrasse l'histoire de trois amis, Olivier Adam traverse les époques en faisant résonner l'intime et le collectif, et met au jour ce que l'amitié grave d'indélébile dans nos vies.
Caroline n'existe plus que dans nos têtes, dans nos souvenirs et dans nos larmes. Caroline est morte. Il y a un an déjà. Elle avait quinze ans quand sa vie a basculé. Ça s'est passé lors d'une fête entre copains. Elle était là, bien vivante. Et la seconde d'après, elle n'était plus qu'un corps désarticulé sur le béton. Depuis, chacun de ses amis témoins de la scène, apprivoise sa peine, vaille que vaille, dans son coin. Et la vie continue. Il y a Titou, qui déraille un peu, Sophie, qui refuse d'oublier de peur de trahir ; Nico, l'ami d'enfance, celui du premier baiser ; Marilou qui a déménagé et refait sa vie; Alex qui essaie de vivre pleinement et tout de suite, malgré la culpabilité... Chacun d'entre eux vient de recevoir par la poste un carton d'invitation frappé d'une petite croix grise. Ils sont invités samedi à la messe anniversaire et vont se retrouver après un an de deuil
Le jour, il enterre les inconnus. Le soir, il boxe. Solitaire, paumé, à bout de nerf, Antoine encaisse de plus en plus mal. Les coups, le chagrin des autres, la mort de son père, l''enfance qui s''enfuit, sa sœur Claire qui s''éloigne, Chef, son entraîneur, qui s''apprête à mettre les voiles... tout le touche, tout le met à terre.Alors Tonio boit, fume, soliloque, chiale, baise, cogne, et se cogne aux murs. Mais la vie n''est pas un ring. S''il n''y prend pas garde, il risque de tout perdre : son travail, ses amours. Et sa liberté.
À l'ouest est un très beau texte qui pose le sens de l'existence humaine. Avec une écriture épurée, une économie de mots, Olivier Adam dessine trois personnages bouleversants de tristesse, de susceptibilité, de solitude. Antoine, presque adulte et encore lycéen, ne parvient pas à remplir sa vie, sombre dans l'errance ou dans les souvenirs d'enfance. Il pense à Lorette, aux histoires et confidences échangées, aux serments : "On se noierait dans un lac couvert de brume et nos mains resteraient scellées dans la vase." Il traîne dans sa banlieue à la recherche du bonheur. Sa sœur Camille s'excuse presque d'exister. Elle trouve refuge dans le rêve, la prière ; elle préfère regarder le monde plutôt que d'y participer. Quant à leur mère, Marie, elle tente de vivre, d'élever ses enfants et de lutter contre la solitude. Un jour, elle se libère de son quotidien. L'emploi d'une syntaxe fragmentaire, fugitive, soumise à la ténuité de ces personnages en partance – "On la bouscule parfois. On ne s'excuse pas. Elle est si légère.", "Quelqu'un qui se gomme et s'efface. Et disparaît." – évoque l'univers poétique d'Henri Michaux dont les figures humaines, diaphanes, toujours prêtes à disparaître sont animées par la non-pesanteur. Après Je vais bien, ne t'en fais pas, Olivier Adam signe un second roman très émouvant dont l'écriture s'élabore sur le mode de la légèreté, de la suggestion avec une sensibilité poétique incontestable. --Nathalie Jungerman
Pour Simon Steiner, revenir à Kyoto, c'est retrouver les lieux du bonheur enfui. Sa vie ne se ressemble plus, pourtant ici tout demeure inchangé. Il déambule, entre mélancolie et ravissement, dans la douceur apaisante des souvenirs et des paysages. Un pèlerinage japonais sur la trace des absentes, au fil des temples, des ruelles et des bars.
Chloé a une hanche qui se bloque à cause d'un petit bout d'os mort. Antoine a un doigt retourné, plié en deux pendant un cours de tennis. Les voilà qui partagent la même chambre d'hôpital, un soir d'hiver, avant leurs opérations respectives. Leurs regards se croisent, s'attrapent, se reconnaissent. Très vite, ils se découvrent un autre point commun. Ils sont tous deux orphelins de père, et un peu morts depuis, à l'intérieur. Il neige sur le fleuve. La nuit est éclairée par des cracheurs de feu. Antoine a envie d'entraîner Chloé. Chloé a envie de se laisser entraîner par Antoine. Ce qu'ils vont partager, cette nuit-là, c'est bien plus qu'une chambre d'hôpital, bien plus que des souvenirs de blessures, bien plus que la peur du lendemain.
La première fois, Antoine a eu vraiment la frousse. Il faisait ses devoirs dans la cuisine. Sa mère épluchait des carottes pour le dîner. C'est là que ça s'est produit. Un silence absolu. Et puis le monde autour de lui figé comme pour l'éternité. La deuxième fois, c'est arrivé au collège, au beau milieu d'une dictée. Antoine en a profité pour retoucher quelques copies et s'échapper, mais quand tout s'est remis en marche, il a fallu se justifier, et les choses ont pris un tour plus compliqué. La troisième fois que le temps s'est arrêté, Antoine a été moins surpris. Il est entré dans la maison voisine, jusque dans la chambre de Léa. Il n'a pas résisté. La plus belle fois, c'était un samedi sur la plage, et Antoine n'était plus seul...
La mère d'Antoine est la plus belle personne du monde. C'est son mari qui le dit. Et quand il la voit boire les gouttes de pluie en riant, caresser l'écorce des arbres et s'agenouiller pour grattouiller la terre après l'orage, quand il l'entend raconter ses souvenirs éblouis de la forêt quand elle était petite, Antoine est d'accord avec son père, il est en adoration. Mais il arrive que les plus belles personnes du monde deviennent usantes à force d'être imprévisibles et pas comme les autres. Or cette semaine, Antoine a eu trop de soucis pour rester admiratif. Alors quand sa mère s'endort une fois de plus dans sa voiture en pleine nuit, qu'elle sort sous la pluie et se perd, le monde se met à ressembler à un monde à l'envers, où les enfants inquiets doivent veiller sur des parents insouciants. Cette fois c'est sûr, tout va craquer, s'écrouler autour de lui. Heureusement, il y a Chloé. Si seulement elle voulait bien cesser de se moquer de lui...
Les mobilisations collectives et les prises de position citoyennes ont été aussi nombreuses en cette longue année 2015 que l’actualité a été terrible. La récente image d’un enfant échoué sur une plage a soulevé un haut-le-coeur international et accéléré la prise de conscience. Après la sidération, il nous a semblé urgent de donner la parole à des personnalités publiques afin de constituer un recueil de textes et de dessins sur le thème de l’asile et de ceux qu’on appelle désormais les réfugiés et les migrants. A ce jour, de nombreux auteurs ont souhaité s’associer à Points pour défendre leur cause. Le livre regroupera des textes de fiction et des témoignages, ponctués de dessins...
Caché dans la chambre des parents de Thomas, Antoine attend qu'on le trouve. Aujourd'hui, c'est l'anniversaire deThomas et tous les invités jouent à cache-cache. Sauf que personne n'est venu et que les autres sont partis jouer aux fléchettes dans le jardin, sans Antoine. Personne ne l'a trouvé parce que personne ne l'a cherché. Ça se passe toujours comme ça pour Antoine. On ne se souvient jamais qu'il est là, qu'il joue, qu'il existe. Au fond, personne ne l'aime ou le déteste vraiment. C'est comme s'il était invisible. Ce jour-là, Antoine décide de se faire oublier pour de bon. Il ne rejoint pas le groupe dans le jardin, il veut rester caché. Puisqu'il a un don pour passer inaperçu, il va s'en servir. Ni vu ni connu, il va espionner les autres. Et découvrir leurs secrets. Ni vu ni connu est la suite du Jour où j'ai cassé le château de Chambord (Mouche).
Les grands noms de la littérature brisent le tabou de la santé mentale Tous concernés !De près ou de loin, nous sommes tous concernés par la santé mentale.Pourtant, on n’en parle pas, ou si peu. Est-ce la honte de la mise à nu ? La crainte d’être jugés ? La peur du rejet ?Bipolarité, dépression, anxiété, addictions, schizophrénies… Bien souvent invisibles, les maladies psychiques recouvrent des réalités variées. Mais elles ont un point commun : discriminantes et méconnues, elles finissent par couper du monde.Si taboues, mal-aimées soient-elles, elles doivent sortir de l’ombre. Plus elles seront visibles, plus elles auront de chances d’être comprises, prisesen charge, accompagnées.Dix auteurs se mobilisent pour faire de la santé mentale leur muse idéale le temps d’une nouvelle. Avec un thème qui les relie : Invisible.« Les plumes qui ont participé à cet ouvrage original et généreux parviennent, sans complaisance, à nous ouvrir les yeux sur l’invisibilité et les difficultés des esprits « différents », un peu, beaucoup, à la folie. » Marinette Levy - Cosmopolitan À propos de l'auteurGRINGE est le parrain et préfacier de cette première édition. Rappeur, acteur, auteur, en 2020 il a ému la France entière avec son premier livre : Ensemble,on aboie en silence .