«Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s'est ouverte, c'est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j'ai eue lorsque j'ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n'ai pas regardé du côté de Marie. Je n'en ai pas eu le temps parce que le président m'a dit dans une forme bizarre que j'aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français.»L'étranger est le premier roman d'Albert Camus, Prix Nobel de littérature en 1957.
Le désordre somptueux d'une passion exotique, éclat d'un météore, selon Mallarmé ; un ange en exil aux yeux d'un bleu pâle inquiétant, pour Verlaine. Un «éveil génial», et c'est Le Bateau ivre, une «puberté perverse et superbe», puis un jeune homme brièvement «ravagé par la littérature», le maître d'une «expression intense» aux sujets inouïs - tout cela dans un mince volume, dû au poète touché, puis déserté, par le génie, «aventure unique dans l'histoire de l'art».
La notion d’absurde et le rapport entre l’absurde et le suicide forment le sujet de cet essai.Une fois reconnu le divorce entre son désir raisonnable de compréhension et de bonheur et le silence du monde, l’homme peut-il juger que la vie vaut la peine d’être vécue? Telle est la question fondamentale de la philosophie.Mais si l’absurde m’apparaît évident, je dois le maintenir par un effort lucide et accepter en le vivant de vivre. Ma révolte, ma liberté, ma passion seront ses conséquences. Assuré de mourir tout entier, mais refusant la mort, délivré de l’espoir surnaturel qui le liait, l’homme va pouvoir connaître la passion de vivre dans un monde rendu à son indifférence et à sa beauté périssable. Les images de Don Juan, du comédien, de l’aventurier illustrent la liberté et la sagesse lucide de l’homme absurde. Mais la création – une fois admis qu’elle peut ne pas être – est pour lui la meilleure chance de maintenir sa conscience éveillée aux images éclatantes et sans raison du monde. Le travail de Sisyphe qui méprise les dieux, aime la vie et hait la mort, figure la condition humaine. Mais la lutte vers les sommets porte sa récompense en elle-même. Il faut imaginer Sisyphe heureux.
En 1871, lorsqu'il écrit "Le Bateau ivre", Arthur Rimbaud a tout juste dix-sept ans. Destiné au cercle des poètes parisiens et faisant office de présentation du jeune auteur, ce poème révèle déjà tout le génie de celui qui, "à seize ans, avait écrit les plus beaux vers du monde", selon Paul Verlaine."Sensation", "Roman", "Ma Bohème" , "Le Dormeur du val", "Voyelles"... Les poèmes rassemblés dans cette anthologie entraînent le lecteur au coeur de l'art poétique du jeune poète et dévoilent les thèmes qui lui sont chers : la communion avec la nature, l'art de la fugue et du vagabondage, ou encore l'attention fertile à la sensualité du monde.- Objets d'étude : Visions poétiques du monde [3e]La poésie du XIXe au XXIe siècle [1re]- Dossier pédagogique : Cinq fiches pour saisir les enjeux de l'oeuvre- Prolongement : La nature dans la poésie (corpus de textes)Classes de 3e et 1re.