
La contessa Lucrezia Sanziani, dont l'allure ne dissimule pas la pauvreté, ne vit que par ses souvenirs et que pour eux. Remontant le cours du temps, elle rejoue à haute voix les scènes d'un passé ardent, mouvementé, quasi fabuleux, qui fascine la petite femme de chambre de l'hôtel minable où elle habite. Carmela se prête au jeu de la contessa et, affectueusement, l'aide à poursuivre sa vie. Charité qui trouve une éclatante récompense tandis que s'éteint le fantôme de celle qui fut trop attachée à la volupté d'être et dont Maurice Druon trace un portrait extraordinaire.-------------------------------------------------------------------La vie éblouissante d'une courtisane italienne aimée, recherchée, adulée, influente.Une misérable chambre d'hôtel, à Rome, où agonise une vieille femme usée.C'est de ce contraste, de cette opposition violente qu'est fait le roman de Maurice Druon. Entre les deux, il y a un lien : l'l'hallucination, la maladie mentale. Et par ce lien fragile à la fois merveilleux et terrible, par le jeu du souvenir qui se substitue à la réalité et éclaire par moment l'esprit obscurci de l'héroïne, on découvre une existence violente toute entière dominée par la recherche de "LA VOLUPTE D'ETRE", un monde fascinant où grouillent des êtres infernaux, mais où existe aussi une grande tendresse humaine, nouvelle, peut-on dire dans l'oeuvre de Druon. On n'oubliera pas la Sanziani, cette extraordinaire héroïne du roman contemporain, dont le personnage pose sans hypocrisie le grave problème du bonheur des femmes.(Quatrième de couverture de l'édition Julliard 1954) .