
Violaine Huisman was born in Paris in 1979 and has lived and worked in New York for twenty years, where she ran the Brooklyn Academy of Music’s literary series and also organized multidisciplinary arts festivals across the city. Originally published by Gallimard under the title Fugitive parce que reine, her debut novel The Book of Mother was awarded multiple literary prizes including the Prix Françoise Sagan and the Prix Marie Claire.
«Ça ne voulait rien dire d’abord, maniaco-dépressive. Ou si, ça voulait dire que maman pouvait monter dans les tours, des tours que je visualisais aux angles d’un château fort, des donjons, au sommet desquels j’imaginais maman grimper à toute allure, et d’un bond plonger au fin fond des cachots ou des catacombes, enfin là où il faisait froid et humide. Maman avait donc disparu du jour au lendemain.» À travers ses yeux de petite fille, la narratrice raconte son enfance tumultueuse auprès d’une mère rayonnante, malgré ses fêlures et sa défaillance. Mais la plume de Violaine Huisman porte aussi la voix déchirante d’une femme, une femme avant tout, qui n’a jamais cessé d’affirmer son droit au rêve et à la liberté.
«C’est pas dangereux par là-bas? À ton avis, bibi? Je n’étais pas vraiment au courant du conflit au Sahara occidental avant de traverser la région en autocar. L’ampleur des problèmes de terrorisme dans cette zone du pays n’est pas non plus notoire, si? Il abaisse ses lunettes fumées avec une emphase théâtrale, et je remarque tout à coup ses yeux bleu-vert, lesquels, entre ses pattes-d’oie, sa peau burinée et sa barbe de trois jours, ressemblent aux lagunes de Dakhla. Géraldine, tu vas devoir m’expliquer ce que tu fous ici.»Suite à un immense chagrin d’amour à l’approche de la trentaine, Violaine décide de traverser le désert, du Maroc au Sénégal. À partir de ce périple improbable, s’esquisse une réflexion sur l’emprise et la perte. En revisitant ses rapports aux hommes depuis l’adolescence, elle aborde avec une sincérité rarement égalée les tabous de l’éveil à l’amour et à la sexualité.L’écriture si particulière de Violaine Huisman, à la fois poétique et abrupte, s’impose sur ce sujet intime dans toute sa vitalité.
' Paris était le siège historique du conflit affectif entre mes parents, l’épicentre de l’écartèlement entre leurs influences, leurs héritages. Paris était le foyer ancestral où j’étais la fille de : la fille de ma mère-la-folle, la fille de mon père, la petite-fille d’un grand-père illustre, fût-il injustement oublié. 'Après Fugitive parce que reine, ode déchirante consacrée à sa mère, Violaine Huisman explore la légende paternelle : homme d’affaires et philosophe, figure hors norme des Trente Glorieuses, il était aussi et peut-être surtout fils d’un haut fonctionnaire juif, directeur des Beaux-Arts, fondateur du Festival de Cannes spolié pendant la Seconde Guerre mondiale. Deux destins singuliers qui traversent le XXe siècle et permettent au roman d’enchâsser petite et grande histoire.
by Violaine Huisman
A remarkable novel drawn from life about a Frenchwoman’s efforts to come to terms with the legacy of her father and grandfather, powerful forces who left a mark on their country’s culture but whose incorrigible womanizing also left a complex mark on their wives and childrenViolaine Huisman grew up in Paris with her beautiful, bipolar mother —the subject of Huisman’s acclaimed debut novel The Book of Mother —and her iconoclastic, flamboyant father, whose self-dramatization made him a formidable raconteur and a questionable parent. The one constant in her father’s personal narrative was his obsession with his childhood during the Vichy regime in France and of his father Georges, long dead, a Belgian Jew whose heroic and tragic biography had taken on the trappings of family myth. In The Monuments of Paris, Huisman transforms these complex layers of history into a moving fiction about exile and belonging, about the lies families are built on and the truths they hold dear.As the novel opens, “Violaine” returns to Paris from her adopted home of New York City to visit her dying father for the last time. And as he once again tells the story of his father’s rise and fall during the Second World War, Violaine becomes herself obsessed with this myth of her grandfather Georges—and with the nearly erased story of the most significant of his many mistresses, a beautiful and aristocratic woman named Choute, who bears a strange resemblance to her own mother. With the help of a local historian, she sets out to hunt down the truth as it might be known, and in so doing creates the necessary and deeply compelling fiction that is this singular book.In prose as elegant as it is precise, The Monuments of Paris draws a haunting portrait of twentieth-century France through the outsized ambitions, infidelities, and tragedies of the author’s own family, both real and imagined.