
Sylvain Tesson est le fils de Marie-Claude et Philippe Tesson et le frère de la comédienne Stéphanie Tesson et de la journaliste d'art Daphné Tesson. Géographe de formation, il effectue en 1993 un tour du monde à bicyclette avec Alexandre Poussin avec qui il traverse l'Himalaya à pied en 1997. Il traverse également les steppes d'Asie centrale à cheval avec la photographe et compagne Priscilla Telmon, sur plus de 3 000 km du Kazakhstan à l'Ouzbékistan. En 2004, il reprend l'itinéraire des évadés du goulag en suivant le récit de Sławomir Rawicz : The Long Walk (1955)1. Ce périple l'emmène de la Sibérie jusqu'en Inde à pied. Sylvain était également un « escaladeur de cathédrales » et au sein d'un cercle d'acrobates on le surnommait « le prince des chats », tandis qu'il escaladait Notre-Dame de Paris, le Mont-Saint-Michel, l'église Sainte Clotilde et d'autres monuments (principalement des églises) à Orléans, Argentan, Reims, Amiens ou encore Anvers. En 2010, après avoir fait allusion à ce projet de nombreuses fois, Sylvain Tesson passe six mois en ermite dans une cabane au sud de la Sibérie, sur les bords du lac Baïkal, non loin d'Irkoutsk. Selon ses propres dires : « Recette du bonheur : une fenêtre sur le Baïkal, une table devant la fenêtre ». Il voyage la plupart du temps par ses propres moyens, c'est-à-dire sans le soutien de la technique moderne, en totale autonomie. Ses expéditions sont financées par la réalisation de documentaires, par des cycles de conférences et par la vente de ses récits d'expédition. Il écrit également des nouvelles. Il signe de nombreuses préfaces et commentaires de films. Il collabore à diverses revues. On peut retrouver ses bloc-notes chaque mois dans le magazine Grands reportages. Depuis 2004, il multiplie les reportages pour Le Figaro Magazine avec le photographe Thomas Goisque et le peintre Bertrand de Miollis. Il signe plusieurs documentaires pour la chaîne France 5. Il obtient le prix Goncourt de la Nouvelle en 2009, pour Une vie à coucher dehors (éditions Gallimard, 2009) et le prix Médicis essai en 2011 pour Dans les forêts de Sibérie. Source : Wikipedia
En 2018, Sylvain Tesson est invité par le photographe animalier Vincent Munier à observer aux confins du Tibet les derniers spécimens de la panthère des neiges. Ces animaux discrets et très craintifs vivent sur un gigantesque plateau culminant à 5 000 m d'altitude, le Changtang. Situé au Tibet septentrional et occidental, il s'étend sur environ 1 600 km, du Ladakh à la province du Qinghai, et il est habité par les nomades Changpas.L'équipe atterrit à Pékin, puis prend la route à bord d'un 4X4 en direction du Tibet. Au fil des jours le convoi s'achemine vers des panoramas de plus en plus grandioses et déserts : là où la population recule, la faune avance et se déploie, protégée des effets nocifs de la civilisation.Sylvain Tesson décrit une sorte de savane africaine qui serait perchée à 4 000 mètres d'altitude, où l'on croise des troupeaux d'antilopes, des chèvres bleues, des hordes de yacks qui traversent de vastes étendues herbeuses où s'élèvent des dunes.L'équipe s'enfonce toujours plus loin, se hissant à des hauteurs qui dépassent largement ce que nous connaissons en Europe. À 5 000 m d'altitude s'ouvre le domaine de la panthère des neiges. Dans ce sanctuaire naturel totalement inhospitalier pour l'homme, le félin a trouvé les moyens de sa survie et de sa tranquillité. Les conditions d'observation deviennent très difficiles, il faut parfois rester immobile pendant trente heures consécutives par -30° C pour apercevoir quelques minutes le passage majestueux de l'animal...Sylvain Tesson entrecroise habilement le récit d'une aventure exceptionnelle aux confins du Tibet avec des réflexions d'une pertinence remarquable sur les conséquences désastreuses de l'activité humaine envers le règne animal. À travers l'exemple de la panthère des neiges, l'auteur s'interroge sur la morphologie d'un monde où toutes les espèces viendraient à se raréfier puis à s'éteindre. Il nous entraîne dans cette aventure singulière où l'on s'intéresse autant à l'art de l'affût animalier qu'à la spiritualité asiatique.
Dans les forêts de Sibérie - Prix Médicis essai 2011
«Il m'aura fallu courir le monde et tomber d'un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j'ignorais les replis, d'un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides.La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pied sur mes chemins noirs.Là, personne ne vous indique ni comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre.»Sylvain Tesson.
En octobre 1812, piégé dans Moscou en flammes, Napoléon replie la Grande Armée vers la France. Commence La retraite de Russie, l'une des plus tragique épopée de l'Histoire humaine. La Retraite est une course à La mort, une marche des fous, une échappée d'enfer. Deux cents ans plus tard, je décide de répéter l'itinéraire de l'armée agonisante, de ces cavaliers désarçonnés, de ces fantassins squelettiques, de ces hommes à plumets qui avaient préjugé de l'invincibilité de l'Aigle. Il ne s'agit pas d'une commémoration (commémore-t-on l'horreur ?), encore moins d'une célébration, il s'agit de saluer par-delà les siècles et les verstes, ces Français de l'an XII aveuglés par le soleil corse et fracassés sur les récifs du cauchemar. Le géographe Cédric Gras, le photographe Thomas Goisque et deux amis russes, Vassili et Vitaly, sont de la partie. Pour l'aventure, nous enfourchons des side-cars soviétiques de marque Oural. Ces motocyclettes redéfinissent en permanence les lois élémentaires de la mécanique. Rien ne saurait les arrêter (pas même leurs freins). Notre escouade se compose de trois Oural, chargées ras la gueule de pièces détachées et de livres d'Histoire. Au long de quatre mille kilomètres, en plein hiver, nous allons dérouler le fil de la mémoire entre Moscou et Paris où l'Empereur arrivera le 15 XII 1812, laissant derrière lui son armée en lambeaux. Le jour, les mains luisantes de cambouis, nous lisons les Mémoires du général de Caulaincourt. Le soir, nous nous assommons de vodka pour éloigner les fantômes. A l'aube, nous remettons les gaz vers une nouvelle étape du chemin de croix. Smolensk, Minsk, Berezina, Vilnius : les stèles de la souffrance défilent à cinquante à l'heure. Partout, nous rencontrons des Russes qui ne tiennent aucune rigueur à l'Empereur à bicorne. Sous nos casques crénelés de stalactites, nous prenons la mesure des tourments des soldats et nous menons grand train ce débat intérieur : Napoléon était-il un antéchrist qui précipita l'Europe dans l'abîme ou bien un visionnaire génial dont le seul tort fut de croire qu'il suffisait de vouloir pour triompher, et que les contingences se pliaient toujours aux rêves ? Mais très vite, nous devons abandonner ces questions métaphysiques car un cylindre vient de rendre l'âme, la nuit tombe sur la Biélorussie et trois foutus camions polonais sont déjà en travers de la route.
Sylvain Tesson parcourt le monde. Dans les steppes d'Asie centrale, au Tibet, dans les forêts françaises ou à Paris, il marche, chevauche, escalade, bivouaque dans un arbre ou sous un pont, construit des cabanes.Cet amoureux des reliefs poursuit le merveilleux et l'enchantement. Dans nos sociétés de communication, il en appelle à un nouveau nomadisme, à un vagabondage joyeux.Ce Petit traité sur l'immensité du monde est un précis de désobéissance naturaliste, une philosophie de poche buissonnière, un récit romantique contre l'ordre établi." Texte aussi court que remarquable. " Émilie Grangeray – M, Le magazine du Monde
Avec mon ami le guide de haute montagne Daniel du Lac, je suis parti de Menton au bord de la Méditerranée pour traverser les Alpes à ski, jusqu’à Trieste, en passant par l’Italie, la Suisse, l’Autriche et la Slovénie. De 2018 à 2021, à la fin de l’hiver, nous nous élevions dans la neige. Le ciel était vierge, le monde sans contours, seul l’effort décomptait les jours. Je croyais m’aventurer dans la beauté, je me diluais dans une substance. Dans le Blanc tout s’annule — espoirs et regrets. Pourquoi ai-je tant aimé errer dans la pureté ?
Pendant huit mois, Sylvain Tesson a refait le long voyage de la Sibérie au golfe du Bengale qu'effectuaient naguère les évadés du goulag. Pour rendre hommage à ceux dont la soif de liberté a triomphé des obstacles les plus grands, seul, il a franchi les taïgas, la steppe mongole, le désert de Gobi, les Hauts Plateaux tibétains, la chaîne himalayenne, la forêt humide jusqu'à la montagne de Darjeeling. À pied, à cheval, à vélo, sur six mille kilomètres, il a connu ce qu'il a cherché de plein gré : le froid, la faim, la solitude extrême. La splendeur de la haute Asie l'a récompensé, comme les mots d'une très ancienne déportée heureuse de se confier à lui : «On a le droit de se souvenir.»
Un Eté avec Homère ou l'Iliade et l'Odyssée comme on ne vous les a jamais racontées. Un voyage entre la mythologie et le monde d'aujourd'hui, érudit, épique, drolatique, époustouflant.Une coédition Equateurs/France Inter.Homère continue de nous aider à vivre"Au long de l'Iliade et de l'Odyssée chatoient la lumière, l'adhésion au monde, la tendresse pour les bêtes, les forêts - en un mot, la douceur de la vie. N'entendez-vous pas la musique des ressacs en ouvrant ces deux livres ? Certes, le choc des armes la recouvre parfois. Mais elle revient toujours, cette chanson d'amour adressée à notre part de vie sur la terre. Homère est le musicien. Nous vivons dans l'écho de sa symphonie."Pour écrire Un été avec Homère, Sylvain Tesson s'est retiré sur une île des Cyclades, au bord de la mer Égée, dans la lumière, l'écume et le vent. "Nous sommes les enfants de notre paysage", écrivait Lawrence Durrell.Un été avec Homère est à l'origine une série d'émissions diffusées pendant l'été 2017 sur France Inter.
Devant les coups du sort il n'y a pas trente choix possibles. Soit on lutte, on se démène et l'on fait comme la guêpe dans un verre de vin. Soit on s'abandonne à vivre. C'est le choix des héros de ces nouvelles. Ils sont marins, amants, guerriers, artistes, pervers ou voyageurs, ils vivent à Paris, Zermatt ou Riga, en Afghanistan, en Yakoutie, au Sahara. Et ils auraient mieux fait de rester au lit.
"En Sibérie, dans les glens écossais, les criques de l'Égée ou les montagnes de Géorgie, les héros de ces quinze nouvelles ne devraient jamais oublier que les lois du destin et les forces de la nature sont plus puissantes que les désirs et les espérances. Rien ne sert à l'homme de trop s'agiter dans la toile de l'existence, car la vie, même quand elle ne commence pas très bien, finit toujours mal. Et puis une mauvaise chute vaut mieux qu'une fin insignifiante."
L'été venait de commencer quand je partis chercher les fées sur la côte atlantique. Je ne crois pas à leur existence. Aucune fille-libellule ne volette en tutu au-dessus des fontaines. C'est dommage : les yeux de l'homme moderne ne captent plus de fantasmagories. Au XIIe siècle, le moindre pâtre cheminait au milieu des fantômes. On vivait dans les visions. Un Belge pâle (et très oublié), Maeterlinck, avait dit : « C'est bien curieux les hommes... Depuis la mort des fées, ils n'y voient plus du tout et ne s'en doutent point. » Le mot fée signifie autre chose. C'est une qualité du réel révélée par une disposition du regard. Il y a une façon d'attraper le monde et d'y déceler le miracle de l'immémorial et de la perfection. Le reflet revenu du soleil sur la mer, le froissement du vent dans les feuilles d'un hêtre, le sang sur la neige et la rosée perlant sur une fourrure de mustélidé : là sont les fées. Elles apparaissent parce qu'on regarde la nature avec déférence. Soudain, un signal. La beauté d'une forme éclate. Je donne le nom de fée à ce jaillissement. Les promontoires de la Galice, de la Bretagne, de la Cornouailles, du pays de Galles, de l'île de Man, de l'Irlande et de l'Écosse dessinaient un arc. Par voie de mer j'allais relier les miettes de ce déchiquètement. En équilibre sur cette courbe, on était certain de capter le surgissement du merveilleux. Puisque la nuit était tombée sur ce monde de machines et de banquiers, je me donnais trois mois pour essayer d'y voir. Je partais. Avec les fées.
" J'irai de l'Aral à la Caspienne. Je gagnerai l'Azerbaïdjan à bord d'un ferry. De Bakou, je cheminerai vers la Turquie par la Géorgie. À pied, à vélo, je ne sais pas encore, mais loyalement, sans propulsion motorisée. Au bout de ma route, j'aurai relié trois mers, abattant le même trajet que celui d'une larme d'or noir de la haute Asie convoyée à travers steppes et monts pour que le monde poursuive sa marche folle.Profitant de cette traversée de terres à haute valeur pétrolifère, je consacrerai mon temps d'avancée solitaire à réfléchir au mystère de l'énergie. Pétrole et force vitale procèdent du même principe : l'être humain recèle un gisement d'énergie que des forages propices peuvent faire jaillir. " Sylvain Tesson" Un récit de voyage mâtiné d'autobiographie, où les choses vues voisinent avec l'essai philosophique et la poésie avec la géopolitique. " François Busnel – LiRECet ouvrage a reçu le prix Nomad's du récit de voyage 2007.
Puisque l'époque nous assigne à résidence, prenons la fuite et passons l'été à bord du bateau ivre de la poésie : Arthur Rimbaud.Sylvain Tesson s'attaque au mythe Rimbaud en le sortant de la kermesse biographique et en le dépoussiérant de ses vieux habits de jeune monstre de la poésie : Rimbaud anarchiste, communard, voyou, punk, beatnik, sauvage, avant-gardiste, moderne, trouvère, futuriste... Certes mais surtout Rimbaud, poète.A ses côté, Sylvain Tesson marche et traverse les paysages réels ou imaginaires suivant le cap tracé par René Char : « Rimbaud poète, cela suffit et cela est infini » A la vitesse de l'éclair mais aussi avec humour et lucidité, des Ardennes au désert africain Sylvain Tesson en voyageur aventureux perce à jour le voyant monstrueux qui révolutionna la poésie et qui n'avait qu'un ennemi : l'ennui.Un été particulièrement incandescent où la route est une illumination.Un été avec Rimbaud est le 9e titre de la collection.
" Un journal intime est une entreprise de lutte contre le désordre. Sans lui, comment contenir les hoquets de l'existence ? Toute vie est une convulsion : une semaine se passe au soleil, une autre dans l'ombre, un mois dans la paix, un autre sur la crête.Tout cela ne fait pas un destin, mais un effroyable battement, une trémulation de cauchemar.Le journal est la bouée de sauvetage dans l'océan de ces errements.Chaque soir, on y revient.On lui voue sa fidélité.Et grâce à lui une ligne se dessine, la vibration s'apaise en une très légère oscillation. "Sylvain Tesson" Un merveilleux livre. Chaque page dévoile des trésors de poésie et des mots d'esprit lumineux. " Lucas Bretonnier – Le Parisien" Toujours avec le même esprit dans ses bagages : la curiosité, cette capacité à s'émerveiller de toutes petites choses, et son talent pour raconter. " Mohammed Aïssaoui – Le Figaro littéraire
En Sibérie, dans le Dorset anglais ou au cœur des montagnes de Géorgie, les lois du destin et les forces de la nature sont plus puissantes que les désirs et les espérances : les héros de ces nouvelles ne devraient jamais l’oublier. Cinq nouvelles, cinq gifles étourdissantes et toniques, cinq invitations à méditer sur l’homme et la nature.
Sylvain Tesson est un étrange voyageur qui mêle les enseignements de la forêt au murmure des livres, un géographe du temps et du rêve intérieur. Ses carnets de bord sont les chapitres d'un roman d'aventures dont l'action se déroule dans les maisons de bois de Mandchourie, les ruines d'Haïti, le luxe de Madison Avenue, les pentes afghanes ou celles des Cévennes. Leur titre serait " Choses vues ". Une histoire de l'instant vécu. Marcheur invisible, vagabond des frontières, il a compris que le seul espace où l'on peut se connaître vraiment se situe dans les lisières, les entre-deux, les chien et loup, les solitudes. Cet ouvrage est aussi une leçon de sagesse et d'humour. Il nous invite à partir, à parcourir les lieux magiques de l'enfance et de l'esprit, à la poursuite de la beauté et du plaisir.
by Sylvain Tesson
Rating: 3.8 ⭐
Ils ont parcouru à dos de cheval 3 000 kilomètres à travers l'Asie centrale, soit un périple qui les a menés de la Chine au Moyen-Orient, en traversant le Kirghizistan, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan, pour toucher enfin la mer d'Aral. Un voyage de six mois qui vaut comme exploit sportif, mais qui intéresse encore davantage pour la description qu'il propose d'un monde à part, féerique et autarcique, un monde secret et enchanteur : le monde des steppes. Priscilla ayant reçu une formation d'ethno-médecine et Sylvain de géographie, nos deux jeunes gens (ils ont moins de trente ans) parviennent à communiquer chaleureusement leur passion vive pour cette région du monde faite de longs déserts, de remparts rocheux, de montagnes indomptables. Du pays des steppes, ils restituent la magie essentielle et intacte que le cours de l'histoire – depuis les armées de Gengis Kahn jusqu'à l'ère communiste – n'a pas réussi à changer ou altérer. "Jardins de Babylone à brouter, chaque jour" pour les chevaux, terre ancestrale des populations mongoles, le pays des hautes herbes du monde que sont les steppes fascinent encore et toujours. Le lecteur redécouvre dans cette "chevauchée des steppes" le goût de l'étude géographique, surtout quand elle est apprise au rythme d'un voyage et quand elle est scandée par le pas des chevaux. --Denis Gombert
« Stack désigne en anglais les piliers de la mer , détachés de la côte. Autour du monde, ces sentinelles de roche se dressent par milliers devant les falaises côtières. Je veux me balancer dans les vagues, grimper ces aiguilles au milieu des oiseaux. À l’écart, elles ressemblent aux dandys, aux rebelles humains. Qui êtes-vous, tours de la haute mer ? Le dernier refuge peut-être ? Tout bouge autour de nous, vous ne reculez pas. » Sylvain TessonDe l’Aiguille d'Étretat au Totem Pole de Tasmanie, des stacks écossais au cap Horn, une aventure physique et philosophique à l’assaut de la plus périlleuse des la rébellion.
'Au fil des ans, les deux frères durcis par l’altitude avaient commencé à redouter l’approche du 24 décembre. Fêter la naissance du stoïcien crucifié par une bombance heurtait leur protestantisme. Et ces airs ravis des convives qui vous plantaient des couteaux dans le dos sitôt laporte fermée… Ce soir, ils aspiraient à l’air sec, au vin clair, à la nuit pure. Ils allaient vivre un réveillon digne de Zarathoustra, sur la corde raide, pendus au câble d’acier. La cabine du téléphérique serait le lumignon de leur rêve, accroché au plafond de la nuit.' Des quatre coins du globe, les héros agités de ces nouvelles invitent à des voyages lointains ou intérieurs.
« Notre-Dame est une cathédrale du Christ mais chevet au Levant et tours au couchant elle est également un temple solaire. Chaque jour, Paris changeait. Le ciel imprimait d imperceptibles nuances sur la ville. Paris prend mieux la lumière d orage que la clarté d azur. Tout ciel tragique grandit une ville. La capitale repose «sous le commandement des tours de Notre-Dame » comme l écrivait Péguy. » Sylvain Tesson entretient une relation forte et intime avec Notre-Dame, cette « île de pierre à explorer ». Il l a maintes fois escaladée en voisin, y emportant des vers de Péguy. Pour lui, quiconque passera une nuit dans les coursives de ce vaisseau gothique sera métamorphosé. Il a cherché dans la nuit les traces de ses prédécesseurs, l histoire gravée dans les murs. Plus tard, en convalescence d un terrible accident, il s est astreint chaque jour à gravir les escaliers en colimaçon de l édifice. « Cinq mois auparavant, j étais tombé sur mon ombre, mon corps était déchu. Je le montais vers le ciel pour le fortifier. » Le monde entier pleure la tragédie du 15 avril parce que Notre-Dame symbolise la chrétienté au c ur large, un monument de l âme, un refuge pour les croyants et les non-croyants, les vagabonds, les réprouvés et les poètes. « Et si l effondrement de la flèche était la suite logique de ce que nous faisons subir à l Histoire ? L oubli, le ricanement, la certitude de nous-même, l emballement, l hybris, le fétichisme de l avenir... et un jour, les cendres. Peut-être un peuple va-t-il se porter au chevet de sa reine ? Peut-être va-t-il se souvenir qu il n est pas né hier. Mais peut-être rien ne changera-t-il et continuerons-nous à nous espionner les uns les autres, à nous haïr, à nous conspuer. Alors on se dira que la flèche a bien fait de se retirer. »
Recueil de nouvelles inspirées par le monde indien d'aujourd'hui où quelques fanatiques se trouvent confrontés à l'Occident et à leurs propres contradictions. Avec une nouvelle inédite, Les naufragés de l'E19, conte de Noël confrontant l'Est et l'Ouest.--[Memento].
" Sylvain Tesson nous offre à chaque livre un tout petit peu de sa merveilleuse et nécessaire énergie vagabonde. "Noir" est un livre sur la mort qui est un formidable hymne à la vie." François Busnel - La Grande Librairie « Je n’aime pas la mort. Mais je sais ce que je lui dois. Sans elle, la vie serait synonyme de l’ennui. La mort nous interdit de prendre la vie à la légère. Ce n’est pas son moindre mérite. C’est pour cela que je dessine pendus & suicidés depuis trente ans. Pour me rappeler qu’au bout du chemin, il n’y aura pas la possibilité de remettre une pièce dans la machine. J’ai couvert des centaines de feuilles. Sur les routes, dans les cabanes, à bord des bateaux, je griffonnais. J’ai cinquante ans aujourd’hui, la mort m’a plutôt épargné, preuve que ma méthode était la bonne. Ces dessins ne trahissent aucun goût pour le macabre : Au contraire, les petits pendus de mes carnets me sourient et me serinent en latin (la mort parle toujours le latin) : memento mori. Souviens-toi que tu es mortel. Dans le brouhaha d’une vie en fête, dans le contentement de soi et dans le désordre de nos heures, on aurait tendance à l’oublier. C’est un tort. » Sylvain Tesson " Ni macabre, ni sordide, plutôt une ode à la vie." Anne Fulda- Le Figaro " Sylvain Tesson célèbre avec talent et humour notre destin de mortel pour soigner nos âmes." Challenges
Aphorismes sous la lune
by Sylvain Tesson
Rating: 4.1 ⭐
S. Tesson a parcouru le chemin de ceux qui ont fui le goulag ou l'oppression soviétique à partir des années 1920 jusqu'à l'effondrement de l'URSS. Il s'est notamment inspiré pour son itinéraire de celui emprunté par Slavomir Rawicz et décrit dans "A marche forcée". Le photographe Thomas Goisque l'a rejoint à quatre reprises durant sa traversée : en Sibérie, en Mongolie, à Lhassa et à Darjeeling.
" Le point commun qui rassemble sous la même bannière (et la même couverture) des voyageurs aussi différents qu'un jeune forçat de la rame, une amazone du désert, un handicapé volontariste et une acrobate du vide est le désir inextinguible d'intensifier sa vie, de l'engager sur des chemins périlleux pour en mieux saisir la valeur, de sauter par-dessus les parapets de l'habitude pour rejoindre le royaume de l'imprévisible.L'autre point de convergence, c'est l'amour du monde extérieur. Les textes qu'on s'apprête à lire célèbrent tous le réel. Chacun des auteurs du présent ouvrage pourrait faire sien ce mot du Hamlet de Shakespeare : "Il est plus de merveilles en ce monde que n'en peuvent contenir tous nos rêves." "Sylvain Tesson" Douze épopées qui semblent improbables à l'heure où l'on croit tout savoir de la planète et de ceux qui l'habitent. " Ouest FranceInclus un cahier photos
L'aphorisme, comme le voyage, est une ascèse.On se débarrasse du superflu, on se rapproche du cœur de la nature et de la vérité. Il faut alors se laisser envahir par la beauté, le silence et aussi la désillusion. Écrire, c'est nommer les ombres des flammes qui accompagnent le vagabond. Voici l'évangile du voyageur : "Aime le lointain comme toi-même."
Sibérie ma chérie « Vingt ans que je voyage en Russie. J'y retourne avec obsession sans savoir très bien ce qui m'y porte. Vingt ans qu'on m'interroge sur cette fascination et vingt ans que j'échoue à toute explication ». ST Sylvain Tesson, Thomas Goisque et Bertrand de Miollis sillonnent la Russie depuis la chute de l'Union Soviétique. Entre le Pacifique et l'Oural, ils ont parcouru des milliers de kilomètres à pied, à cheval, en engin blindé, en canot, à motocyclette et en raquettes à neige. Sylvain a vécu sur les bords du lac Baïkal dans une cabane d'ermite pendant six mois, recevant à l'occasion la visite de ses deux amis ; il en a tiré un récit : Dans les forêts de Sibérie. Sibérie ma chérie est une déclaration d'amour à des terres méconnues où toutes les aventures sont possibles. Non, la Sibérie ne se réduit pas à une étendue de marais gelés, piquetée de goulags en ruine et de friches industrielles où divagueraient des moujiks qui se seraient ébroués du communisme historique pour s'acheminer vers l'alcoolisme. Ce livre donne à voir une Sibérie vaste, sauvage, libre et capable d'accès de douceur inattendus . Une terre où le voyageur n'est jamais à l'abri d'une belle rencontre : un ours brun, une escadre d'oies sauvages, un pêcheur à l'âme généreuse, une fillette nostalgique.Ce carnet de voyage aux confins de la Russie fait vivre leur passion commune et redonne à lire quelques-uns des aphorismes dont Sylvain a parsemé ses nouvelles, récits et reportages, illustrés par les photos de Thomas et les peintures de Bertrand.
Sylvain Tesson a voyagé pendant vingt ans à pied, à cheval, en canot et en side-car aux quatre coins de la Russie. Il a vécu dans une cabane en pleine taïga et a connu l'hiver en Yakoutie. Amoureux des mots, ce slavophile a remarqué au cours de ses pérégrinations que le vocabulaire russe contenait des mots venus de la langue française. Il les a consignés un à un et nous en donne ici un florilège organisé en thématiques : la guerre, l'amour, les arts, la politique, les faux amis... Ce livre permettra au lecteur immobile de voyager autour de son samovar et au touriste de se tirer de toutes les situations, même les plus délicates, et si les hasards de la vie vous conduisent à survivre à un crash aérien quelque part dans la steppe, voici comment narrer votre déconvenue aux secouristes : " Pilôt niékompétentniy ! Mékhanik problèma ! Motor kapout ! Sabôtaj ! Déflagratsia ! Avariâ ! Apokalyps ! Katastrôf ! Kataklysm ! Kochmâr ! Aviatsionaïa kompania : Mafia ! " Etôniant, niet ?
Après la chute de l'URSS, d'importantes réserves de gaz et de pétrole sont découvertes dans le Nord caspien et le fond asséché de la mer d'Aral. La région devient alors l'objet de toutes les convoitises. Des oléoducs récemment construits sillonnent déjà les steppes arides de cette zone que les plaisantins russes appellent, non sans humour, le 'pipelinistan'. Sylvain Tesson et Thomas Goisque ont suivi, à pied et à vélo, le réseau des pipelines caspiens du sud de l'Aral à Bakou, puis de Bakou à la Turquie orientale via l'Azerbaïdjan et la Géorgie. Dans ce livre, ils retracent, en mots et en images, l'aventure et l'histoire millénaire de l'or noir des steppes.
« Nous décampâmes. Nous partîmes vers les horizons, avec une fièvre dont nous pensions que l'accumulation de kilomètres serait l'antidote alors qu'elle s'en révéla l'excitant. Mais le mouvement apaisait quand même quelque chose. Il atténuait notre mélancolie de n'avoir rien fait de nos vies, d'être né trop tard et d'avoir tout raté. Nous n'étions pas des lansquenets, nous avions manqué l'embarquement sur les galions pirates, nous ne rejoindrions jamais la forêt de Sherwood. Que restait-il ? Les mobs, mon pote. Nous avons alors roulé sur la Terre. En Inde, en Russie, en Finlande, au Bhoutan, en Mongolie et en Sibérie, en Chine, en Serbie, au Chili, en Asie centrale et au Népal, à Madagascar et en Asie du sud-est. » L'aventure comme art de vivre. Embarquez avec Sylvain Tesson et Thomas Goisque pour vingt-cinq ans de chevauchées autour du monde : une rafale d'oxygène et de liberté !