
Romain Gary was a Jewish-French novelist, film director, World War II aviator and diplomat. He also wrote under the pen name Émile Ajar . Born Roman Kacew (Yiddish: קצב, Russian: Кацев), Romain Gary grew up in Vilnius to a family of Lithuanian Jews. He changed his name to Romain Gary when he escaped occupied France to fight with Great Britain against Germany in WWII. His father, Arieh-Leib Kacew, abandoned his family in 1925 and remarried. From this time Gary was raised by his mother, Nina Owczinski. When he was fourteen, he and his mother moved to Nice, France. In his books and interviews, he presented many different versions of his father's origin, parents, occupation and childhood. He later studied law, first in Aix-en-Provence and then in Paris. He learned to pilot an aircraft in the French Air Force in Salon-de-Provence and in Avord Air Base, near Bourges. Following the Nazi occupation of France in World War II, he fled to England and under Charles de Gaulle served with the Free French Forces in Europe and North Africa. As a pilot, he took part in over 25 successful offensives logging over 65 hours of air time. He was greatly decorated for his bravery in the war, receiving many medals and honors. After the war, he worked in the French diplomatic service and in 1945 published his first novel. He would become one of France's most popular and prolific writers, authoring more than thirty novels, essays and memoirs, some of which he wrote under the pseudonym of Émile Ajar. He also wrote one novel under the pseudonym of Fosco Sinibaldi and another as Shatan Bogat. In 1952, he became secretary of the French Delegation to the United Nations in New York, and later in London (in 1955). In 1956, he became Consul General of France in Los Angeles. He is the only person to win the Prix Goncourt twice. This prize for French language literature is awarded only once to an author. Gary, who had already received the prize in 1956 for Les racines du ciel , published La vie devant soi under the pseudonym of Émile Ajar in 1975. The Académie Goncourt awarded the prize to the author of this book without knowing his real identity. A period of literary intrigue followed. Gary's little cousin Paul Pavlowitch posed as the author for a time. Gary later revealed the truth in his posthumous book Vie et mort d'Émile Ajar . Gary's first wife was the British writer, journalist, and Vogue editor Lesley Blanch (author of The Wilder Shores of Love ). They married in 1944 and divorced in 1961. From 1962 to 1970, Gary was married to the American actress Jean Seberg, with whom he had a son, Alexandre Diego Gary. He also co-wrote the screenplay for the motion picture, The Longest Day and co-wrote and directed the 1971 film Kill! , starring his now ex-wife Seberg. Suffering from depression after Seberg's 1979 suicide, Gary died of a self-inflicted gunshot wound on December 2, 1980 in Paris, France though he left a note which said specifically that his death had no relation with Seberg's suicide.
Nous sommes en Afrique Equatoriale Française (A.E.F., aujourd'hui le Tchad), dans les années cinquante, alors qu'apparaissent timidement les premiers signes avant-coureurs de la décolonisation et que l'administration française vit ses dernières heures de tranquillité. Une tranquillité qui serait parfaite sans l'agitation suscitée par un dénommé Morel et son acharnement à protéger les éléphants, massacrés par milliers pour l'ivoire de leurs défenses, et sous couvert d'éviter les dégradations qu'ils causent aux plantations...
«- Je vous préviens que ça ne se passera pas comme ça. Il est exact que je viens d'avoir quatre-vingt-cinq ans. Mais de là à me croire nul et non avenu, il y a un pas que je ne vous permets pas de franchir. Il y a une chose que je tiens à vous dire. Je tiens à vous dire, mes jeunes amis, que je n'ai pas échappé aux nazis pendant quatre ans, à la Gestapo, à la déportation, aux rafles pour le Vél'd'Hiv', aux chambres à gaz et à l'extermination pour me laisser faire par une quelconque mort dite naturelle de troisième ordre, sous de miteux prétextes physiologiques. Les meilleurs ne sont pas parvenus à m'avoir, alors vous pensez qu'on ne m'aura pas par la routine. Je n'ai pas échappé à l'holocauste pour rien, mes petits amis. J'ai l'intention de vivre vieux, qu'on se le tienne pour dit !»
Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975. Histoire d'amour d'un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que " ça ne pardonne pas " et parce qu'il n'est " pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur ". Le petit garçon l'aidera à se cacher dans son " trou juif ", elle n'ira pas mourir à l'hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré " des peuples à disposer d'eux-mêmes " qui n'est pas respecté par l'Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu'à ce qu'elle meure et même au-delà de la mort..
Librarian's note: Older cover of ISBN 2070363732.– Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele D'Annunzio, Ambassadeur de France – tous ces voyous ne savent pas qui tu es !Je crois que jamais un fils n'a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là. Mais, alors que j'essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu'elle me compromettait irrémédiablement aux yeux de l'Armée de l'Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j'entendis une fois de plus la formule intolérable, devenue depuis longtemps classique dans nos rapports : – Alors, tu as honte de ta vieille mère?
حالا همهچیز به رنگ خاکستری بنفش متمایل بود و برف شل و چسبنده. سرما به همه جای آدم سر میکشید و دنبال قلب میگشت. در اطرافشان کوچکترین اثری از حرکت محسوس نبود. سکونی بود که انسان را فرو میبلعید و مغز را که هنوز زنده بود و آنها همه در شخص دیگری میگذشت. دیگر نه در درون انسان اثری از کثافتکاریهای روانی بود نه در بیرون. لنی کمکم داشت به قدری به این مسائل بیاعتنا میشد که حتی امکان داشت برگردد و...
On a small farm in Normandy, as Hitler rises to power in Germany, young Ludo comes of age in the care of his Uncle Ambrose, an eccentric mailman, kite-maker, and pacifist. Ludo’s quiet existence changes the day he meets Lila, a girl from the aristocratic Polish family who own the estate next door. In a single glance, Ludo instantly falls in love forever; Lila, on the other hand, remains elusive. Thus begins Ludo’s adventure of longing, passion, and steadfast love for Lila, who begins to reciprocate his feelings just as Europe descends into war. After Germany invades Poland, Lila and her family disappear, and Ludo’s journey to save her from the Nazis becomes a journey to save his loved ones, his country, and ultimately himself.Filled with unforgettable characters—an indomitable chef who believes Michelin stars are more enduring than military conquests; a Jewish brothel Madam who reinvents everything about herself during the war; a piano virtuoso turned RAF pilot—The Kites is Romain Gary’s poetic call for resistance in whatever form it takes.
Ce roman est un chant d'amour à cette « troisième dimension » de l'homme et de la femme : le couple. L'union de Yannick et Michel est rompue par un destin inéluctable. Mais un désespoir d'amour qui désespérerait de l'amour est pour eux une contradiction qu'ils ne peuvent admettre. Il faut donc triompher de la mort. Yannick dit à Michel : « Je vais disparaître, mais je veux rester femme. Je te serai une autre. Va vers elle. Va à la rencontre d'une autre patrie féminine. La plus cruelle façon de m'oublier, ce serait de ne plus aimer. » Et c'est ainsi qu'apparaît Lydia et que se reformera, dans une célébration passionnée, au-delà de l'éphémère, la patrie du couple, où « tout ce qui est féminin est homme, tout ce qui est masculin est femme »
На своя 80-ти рожден ден Лейди Л., един от стълбовете на Британската империя, гранд-дама, превърнала се в символ на достолепие, аристократизъм, разюздан лукс и здрав разум, почитана родителка, дала на Империята министър, епископ, полковник от Кралския полк и виден банкер, започва смайващ разказ пред почтения сър Пърси Родинър, по английски дискретно влюбен в нея от 40 години. Разказ за печално известната парижка улица "Жид", за уличните момичета, за любовта-мълния, която поразява за цял живот, за идеалисти, кроящи планове за атентати "върху мазна хартия, по която още се въргаляше кръглооката глава на маринована херинга", за мазета, пълни с объркани човеколюбци, които нямат време да остареят, за любимия, изгарящ в страст и за своята вечна битка с най-омразната съперница - човечеството...
«C'était un chien gris avec une verrue comme un grain de beauté sur le côté droit du museau et du poil roussi autour de la truffe qui le faisait ressembler au fumeur invétéré sur l'enseigne du Chien-qui-fume, un bar-tabac à Nice, non loin du lycée de mon enfance.Il m'observait, la tête légèrement penchée de côté, d'un regard intense et fixe, ce regard des chiens de fourrière qui vous guettent au passage avec un espoir angoissé et insupportable.Il entra dans mon existence le 17 février 1968 à Beverly Hills, où je venais de rejoindre ma femme Jean Seberg, pendant le tournage d'un film.»
«La cachette fut terminée aux premières lueurs de l'aube. C'était une aube mauvaise de septembre, mouillée de pluie ; les pins flottaient dans le brouillard, le regard n'arrivait pas jusqu'au ciel. Depuis un mois, ils travaillaient secrètement la nuit : les Allemands ne s'aventuraient guère hors des routes après le crépuscule, mais, de jour, leurs patrouilles exploraient souvent la forêt, à la recherche des rares partisans que la faim ou le désespoir n'avaient pas encore forcés à abandonner la lutte. Le trou avait trois mètres de profondeur, quatre de largeur...»
Lorsqu'on a besoin d'étreinte pour être comblé dans ses lacunes, autour des épaules surtout, et dans le creux des reins, et que vous prenez trop conscience des deux bras qui vous manquent, un python de deux mètres vingt fait merveille. Gros-Câlin est capable de m'étreindre ainsi pendant des heures et des heures. Gros-Câlin paraît au Mercure de France en 1974. Il met en scène un employé de bureau qui, à défaut de trouver l'amour chez ses contemporains, s'éprend d'un python. L'auteur de ce premier roman, fable émouvante sur la solitude de l'homme moderne, est un certain Emile Ajar. La version publiée à l'époque ne correspond pas tout à fait au projet initial de son auteur qui avait en effet accepté d'en modifier la fin. On apprendra plus tard que derrière Emile Ajar se cache le célèbre Romain Gary. Dans son ouvrage posthume, Vie et mort d'Emile Ajar, il explique l'importance que revêt, à ses yeux et au regard de son œuvre, la fin initiale de Gros-Câlin. Il suggère qu'elle puisse un jour être publiée séparément... Réalisant le souhait de l'auteur, cette nouvelle édition qui paraît aujourd'hui reprend le roman Gros-Câlin dans la version de 1974, et donne en supplément toute la fin " écologique ", retranscrite à partir du manuscrit original. --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
Jacques Rainier, cinquante-neuf ans, industriel, est aux prises avec des difficultés en affaires au moment où sa liaison avec une jeune Brésilienne le rend très heureux. A la suite des confidences angoissées d'un ami obsédé par le mythe de la virilité, la peur du déclin sexuel s'insinue en lui, l'envahit, le détruit, ne le quitte plus. En osant s'attaquer à un sujet tabou, Gary a soulevé un débat passionné, qui a connu un grand retentissement. Mais son livre cru et dur, dominé par un humour amer, reste aussi un roman d'amour plein de tendresse.
مجموعه ی پنج داستان با عناوین:پرندگان می روند در پرو می میرندبشر دوستملالی نیست جز دوری شماهمشهری کبوتر کهن ترین داستان جهان
Educação europeia é o primeiro romance publicado de Romain Gary, escrito ainda durante a guerra, quando Gary era navegador da esquadrilha Lorraine das Forças Francesas Livres, foi publicado em 1945 e ganhou o Prémio dos Críticos. Classificado por Maurice Nadeau como «o romance» da Resistência, foi traduzido para 27 línguas.Educação europeia narra a história de um jovem adolescente lituano polaco de 14 anos, Janek Twardowski, que vive refugiado na floresta e se junta a um grupo partisan para sobreviver e lutar contra a ocupação nazi.Neste conto moral, cruel e otimista, Janek conhecerá o frio, a fome, a traição e a morte, mas também o amor, junto da sua jovem amiga Zosia. Como diz o chefe partisan Dobranski, «a Europa teve sempre as melhores e mais belas universidades (…), elas foram o berço da civilização (…) mas há também uma outra educação europeia, a que recebemos hoje: os pelotões de execução, a escravatura, a tortura, a violação - a destruição de tudo o que torna a vida bela. É a hora das trevas.»Com os seus camaradas de infortúnio, a sua simplicidade e generosidade, Janek aprenderá o valor da amizade e a crença no Homem.
« Après avoir signé plusieurs centaines de fois, si bien que la moquette de ma piaule était recouverte de feuilles blanches avec mon pseudo qui rampait partout, je fus pris d'une peur atroce : la signature devenait de plus en plus ferme, de plus en plus elle-même, pareille, identique, telle quelle, de plus en plus fixe. Il était là. Quelqu'un, une identité, un piège à vie, une présence d'absence, une infirmité, une difformité, une mutilation, qui prenait possession, qui devenait moi. Émile Ajar.Je m'étais incarné. »Romain Gary
Dans toute l'Amérique centrale, et aussi dans les Andes, les hommes se maintiennent en vie en se nourrissant de substances hallucinogènes. On les appelle les " mangeurs d'étoiles ". Il y a plusieurs siècles, deux moines franciscains, Motolinia et Sahagun, décrivaient déjà cette pratique dans leur histoire des Aztèques. Au milieu des volcans d'essence infernale, dans une Amérique latine en plaine mutation, ce roman picaresque et poétique peint une humanité qui semble faite de saltimbanques. Ils gravitent autour d'une héroïne déchue, qui se détruit à force d'idéalisme. A chacun son étoile selon sa faim.
ایرانیها رومن گاری را بیشتر با رُمانهای خداحافظ گری کوپر با ترجمهٔ سروش حبیبی و همچنین زندگی در پیش رو با ترجمهٔ لیلی گلستان میشناسند. بنابراین او بهدرستی در ایران به عنوان رُماننویس شناخته شده؛ اما یک مجموعه داستان درخشان نیز دارد که ترجمهٔ پنج داستان آن با نام پرندگان میروند در پرو میمیرند در ایران معرفی شده و دلیل این شهرت علاوهبر داستانهای فوقالعاده، ترجمهٔ استاد ابوالحسن نجفی از این داستانها است. چندی پیش مجموعه داستانی دستم رسید از رومن گاری که نامش با این عنوان تفاوت داشت و در مجموعهٔ کتابهای دو یورویی انتشارات گالیمار منتشر شده بود. از آنجایی که آقای نجفی دست به کار ترجمهٔ این اثر برده بود، میدانستم ترجمهٔ دوبارهٔ این داستانها در حال حاضر لزومی ندارد (امیدوارم این ترجمه بعد از سالها تجدید چاپ شود)، ولی با نگاهی به عناوین داستانها پی بردم فقط پنج داستانِ مجموعه ترجمه شده و درست پنجتای دیگر از داستانها در این مجموعهای است که دست من رسیده. پس وقت را تلف نکردم و با اجازهٔ استاد پنج داستان دیگرِ رومن گاری را ترجمه کرده و تقدیم دوستداران این نویسنده میکنم. در پایان باید اشاره کنم که تمام پانویسها از مترجم است.
«"Je pense ne plus avoir assez de vie devant moi pour écrire une autre autobiographie." Ces paroles, dans cet entretien accordé par Romain Gary à Radio-Canada, serrent le cœur. Peu de mois après l'enregistrement, il mettait fin à ses jours, le 2 décembre 1980. Si l'on retrouve, dans la présente transcription de cet entretien, bien des confidences, des anecdotes, des opinions déjà lues dans La Promesse de l'aube et La nuit sera calme, il faut le considérer comme le dernier état de son autobiographie, ou tout au moins de ce qu'il a bien voulu dévoiler de l'ambition, des espoirs, des succès et des humiliations qui ont fait sa vie.» Roger Grenier.
قصهای است درباره سازمان ملل، آدمهایش، اهدافش، راهکارها و عملکردهایش. به نوعی افشاگری است و در نتیجه خندهدار. کتاب پر از استعاره، و خواندنش دقت میطلبد. اگر صحنههای کتاب را که بسیار به تصویر نزدیکاند، در نظر آورید حتماً به هنگام خواندن کتاب مدام لبخند به لب خواهید داشت.طراحی روی جلد مرتضی ممیزخطاطی روی جلد نصرالله افجهایچاپ نشر آبی زمستان ۱۳۶۳ تهران
Comme dans La promesse de l'aube, Romain Gary parle ici de ce qu'il a vu, connu, aimé. De Vychinski à Groucho Marx, de Churchill à de Gaulle, des héros de la France Libre aux ambassades et à Hollywood, c'est une suite de rencontres, de portraits et d'événements, une chevauchée de coureur d'aventures qui semble avoir vécu plusieurs vies : aviateur, diplomate, écrivain, cinéaste, toujours passionné, toujours amoureux de l'éternel féminin.
"Mon nom est Cohn, Gengis Cohn. Naturellement, Gengis est un pseudonyme : mon vrai prénom était Moïché, mais Gengis allait mieux avec mon genre de drôlerie. Je suis un comique juif et j'étais très connu jadis, dans les cabarets yiddish : d'abord au Schwarze Schickse de Berlin, ensuite au Motke Ganeff de Varsovie, et enfin à Auschwitz. [... ]Personnellement, je ne suis pas resté dans ce camp illustre. Je m'en suis miraculeusement évadé, en décembre 1943, Dieu soit loué. Mais je fus repris quelques mois plus tard, par un détachement de SS sous les ordres du Hauptjudenfresser Schatz, que j'appelle Schatzchen dans l'intimité : un terme câlin qui veut dire "petit trésor", en allemand. Mon ami est maintenant commissaire de police de première classe, ici, à Licht. [... ]Nous ne nous sommes plus quittés, Schatzchen et moi, depuis cette belle journée d'avril 1944. Schatz m'a hébergé : voilà bientôt vingt-deux ans qu'il cache un Juif chez lui".
"Les trésors que j'ai ramenés de là-bas sont immatériels et, lorsque le plume ne s'en saisit pas, ils disparaissent à jamais. Le romancier que je suis, amoureux de ces diamants éphémères, parfois très purs, parfois noirs, mais toujours uniques et bouleversants dans leur mystérieux éclat, est parti à leur recherche vers cette mine de richesse et de pauvreté inépuisable que l'on appelait jadis l'âme humaine - je dis "jadis", car le mot est passé de mode, avec son écho d'au-delà." De Djibouti au Yémen, Romain Gary sillonne les terres brûlées et hostiles pour en rapporter un témoignage d'une rare force.
Luc, dont le père a été tué dans le maquis, est recueilli par le vieux Vanderputte qui héberge déjà chez lui deux autres adolescents, Léonce et Josette. Sous la direction de ce vieux sage sceptique et torturé par d'obscurs remords, tout le monde se livre au marché noir et mène une vie extravagante. Luc s'éprend de Josette. Ils se font voleurs, comme dans les films. Finalement, pour Luc, le monde devient «un immense vestiaire plein de défroques aux manches vides, d'où aucune main fraternelle ne se tendait».
"Les rapports du comique avec l'anxiété sont connus depuis Bergson, Freud et Chaplin ; après Buster Keaton, W.C. Fields, les Marx Brothers et bien d'autres, Woody Allen nous en donne aujourd'hui une exemplaire illustration. Le burlesque devient le dernier refuge de l'instinct de conservation.Je tiens cependant à mettre en garde le lecteur peu familiarisé avec mon genre de drôlerie : je demeure entièrement fidèle aux aspirations que je moque et agresse dans mes livres afin de mieux en éprouver la constance et la solidité. Depuis que j'écris, l'ironie et l'humour ont toujours été pour moi une mise à l'essai de l'authenticité des valeurs, une épreuve par le feu à laquelle un croyant soumet sa foi essentielle, afin qu'elle en sorte plus souriante, plus sûre d'elle-même, plus souveraine."Romain Gary.
Le narrateur, Fosco Zaga, est un vieillard. Hors d'âge. Deux cents ans peut-être. Chargé d'amour, il ne peut pas mourir avant qu'un autre homme aime comme il a aimé, et prenne la relève. Tout a commencé en Russie, sous le règne de la Grande Catherine, où Giuseppe Zaga, le père, exerçait ses talents de magnétiseur, alchimiste, astrologue, et surtout guérisseur de la Grande Catherine. Sa jeune femme Teresina, moqueuse, espiègle, dont le naturel tranche dans cette tribu d'enchanteurs, est à peine plus âgée que Fosco. Et Fosco l'aime d'un amour infini qui l'oblige, deux siècles plus tard, à ressasser ses souvenirs, encore et toujours, pour empêcher Teresina de mourir réellement. Et elle ne meurt pas, comme si la plume de Fosco l'écrivain était parée de tout l'attirail d'illusionniste qu'il avait découvert, avec Teresina, dans un grenier magique de l'ancienne Russie.
J'écris ces lignes à un moment où le monde, tel qu'il tourne en ce dernier quart de siècle, pose à un écrivain, avec de plus en plus d'évidence, une question mortelle pour toutes les formes d'expression artistique : celle de la futilité. De ce que la littérature se crut et se voulut être pendant si longtemps - une contribution à l'épanouissement de l'homme et à son progrès - il ne reste même plus l'illusion lyrique. J'ai donc pleinement conscience que ces pages paraîtront sans doute dérisoires au moment de leur publication, car, que je le veuille ou non, puisque je m'explique ici devant la postérité, je présume forcément que celle-ci accordera encore quelque importance à mes œuvres et, parmi celles-ci, aux quatre romans que j'ai écrits sous le pseudonyme d'Émile Ajar.Romain Gary.
" -Vous êtes marié vous ? " Je sortis de mon portefeuille la photo d'une ravissante femme, au visage jeune sous des cheveux blancs, et je la lui montrai. J'étais tombé amoureux de ce visage plus de cinq ans auparavant et je l'avais découpé dans un magazine. Une réclame pour un frigidaire. J'avais toujours cette photo avec moi. C'était la liaison la plus réussie que j'avais jamais eue avec une femme de ma vie entière. " - Elle a l'air très belle, me dit la fille. Vous devez être drôlement heureux. Vous avez des enfants ? -J'ai une fille, qui est mariée à un éleveur de moutons en Australie. Quand on n'a pas de fille, rien ne nous empêche de la marier à un éleveur de moutons en Australie. " A bout de souffle (The Jaded I).Ce recueil réunit des nouvelles écrites entre 1935 et 1967 depuis lors introuvables car éparpillées dans diverses revues aujourd'hui disparues L'Orage (1935), Une petite femme (1935), Géographie humaine (1943), Sergent Gnama (1946), Dix ans après ou la plus vieille histoire du monde (1967) ; ainsi que Le Grec et A bout de souffle -1970 - restées à ce jour inédites. Ces textes contiennent déjà en germe l'obsession de Romain Gary pour les thèmes du dédoublement, de la fuite et du suicide qui poursuivront l'écrivain jusqu'à la fin de sa vie.
Marc Mathieu is a brilliant creator -- a scientist whose experiments have led him to the very essence of man's life-energy. Leading a team of top French physicists, Mathieu develops a method to capture and harness this incredible life-force as it escapes from a man's body at the moment of death. The result is the gasp: a pulsating sphere of energy that looks as harmless as a ping-pong ball but contains a power source that makes the atom obsolete.
Dans un souterrain peuplé de squelettes, le jeune Tulipe cherche désespérément la sortie. En chemin, il dialogue avec des morts aussi effrayants que grotesques : trois sœurs maquerelles régissent un bordel d'outre-tombe, des flics tabassent un prévenu jusqu'à le rendre «tricolore», Jim et Joe jouent sadiquement avec les têtes d'un pierrot et de sa colombine, un poilu avoue avoir laissé sa place à un Allemand dans la tombe du Soldat inconnu, un moine le supplie de le remplacer pour garder le Saint-Graal, etc. Un Dieu ivre et grossier préside aux misères de ce petit monde grouillant de cafards et de mites. Le débonnaire Tulipe y va lui aussi de ses histoires, celles des clients tordus de l'hôtel tenu par sa femme. Chez les vivants comme chez les morts, l'âme humaine ressemble à «une petite putain crasseuse et malodorante». Tulipe se réveille dans un cimetière, la gueule de bois et les bras en croix. Sous l'influence de Poe, Céline ou encore Jarry, ce premier roman inédit aux allures de danse macabre, écrit à l'âge de dix-neuf ans, dépeint avec sarcasme la société de l'après-guerre et de la crise des années trente. Dans sa présentation, Philippe Brenot montre que Le Vin des morts, signé Romain Kacew, ne quittera jamais les poches de Romain Gary et qu'il lui servira de vivier, quarante ans plus tard, pour écrire les romans d'Émile Ajar.
by Romain Gary
Rating: 3.9 ⭐
Ce recueil d'ouvres de Romain Gary se veut le reflet de sa double vie d'écriture qui divergera ultimement dans le couple univoque Gary - Ajar. On trouvera ici le livre-matrice : La promesse de l'aube, récit de la jeunesse de Gary dominée par une fabuleuse mère slave, souveraine et folle, vouant son fils unique au génie obligé, dans le souvenir magnifié du père, Mosjoukine, acteur et baladin, rarement entrevu. On redécouvrira le premier livre : Éducation européenne, où Gary, parvenu en Angleterre assiégée, invente, entre deux missions de bombardement, une Pologne occupée, partagée entre trahison et héroïsme, entre la vie et la mort. On lira aussi le roman qui fut le premier prix Goncourt de Gary (le second, fait unique, allant comme on sait à Ajar) : Les racines du ciel, où l'incarnation personnelle impossible oscille entre Morel, un homme-femme rêvant de perpétuer la nature, fût-ce dans une espèce menacée, éléphants d'Afrique ou hannetons d'un camp de concentration, et une femme - jeune, avilie, Allemande livrée en 1945 aux Russes, en quête de rédemption.