
Mona Chollet is a Franco-Swiss writer and journalist. She is the chief editor for Le Monde diplomatique and has also written for Charlie Hebdo. She lives in Paris, France. --- Après une licence en lettres à Genève, elle étudie le journalisme à l’École supérieure de journalisme de Lille. Elle est ensuite pigiste pour Charlie Hebdo. Mais son contrat est interrompu en 2000 après sa contestation d'un éditorial du directeur de la rédaction Philippe Val, qui qualifiait les Palestiniens de « non-civilisés ». Elle raconte : « Quelques jours après, il m’a convoquée, et il m’a annoncé qu’il arrêtait mon CDI après le mois d’essai, alors que j’étais pigiste depuis un an. Ça m’a sidérée »1. Désormais journaliste et chef d'édition au Monde diplomatique2, elle anime également le site de critique culturelle Périphéries3, en partenariat avec Thomas Lemahieu. Elle anime également pour 19 épisodes une chronique sur Arte radio, L'esprit d'escalier (2004-2005), qui aborde des sujets de société, notamment (mais pas uniquement) sur le féminisme et les médias.
by Mona Chollet
Rating: 4.1 ⭐
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Nombre de femmes et d'hommes qui cherchent l'épanouissement amoureux ensemble se retrouvent très démunis face au troisième protagoniste qui s'invite dans leur salon ou dans leur lit : le patriarcat. Sur une question qui hante les féministes depuis des décennies, et qui revient aujourd'hui au premier plan de leurs préoccupations, celle de l'amour hétérosexuel, ce livre propose une série d'éclairages.Au cœur de nos comédies romantiques, de nos représentations du couple idéal, est souvent encodée une forme d'infériorité féminine, suggérant que les femmes devraient choisir entre la pleine expression d'elles-mêmes et le bonheur amoureux. Le conditionnement social subi par chacun, qui persuade les hommes que tout leur est dû, tout en valorisant chez les femmes l'abnégation et le dévouement, et en minant leur confiance en elles, produit des déséquilibres de pouvoir qui peuvent culminer en violences physiques et psychologiques.Même l'attitude que chacun est poussé à adopter à l'égard de l'amour, les femmes apprenant à le (sur ?) valoriser et les hommes à lui refuser une place centrale dans leur vie, prépare des relations qui ne peuvent qu'être malheureuses. Sur le plan sexuel, enfin, les fantasmes masculins continuent de saturer l'espace du désir : comment les femmes peuvent-elles retrouver un regard et une voix ?
by Mona Chollet
Rating: 3.9 ⭐
Mona Chollet's In Defense of Witches is a celebration by an acclaimed French feminist of the witch as a symbol of female rebellion and independence in the face of misogyny and persecution. Centuries after the infamous witch hunts that swept through Europe and America, witches continue to hold a unique fascination for as fairy tale villains, practitioners of pagan religion, as well as feminist icons. Witches are both the ultimate victim and the stubborn, elusive rebel. But who were the women who were accused and often killed for witchcraft? What types of women have centuries of terror censored, eliminated, and repressed? Celebrated feminist writer Mona Chollet explores three types of women who were accused of witchcraft and the independent woman, since widows and celibates were particularly targeted; the childless woman, since the time of the hunts marked the end of tolerance for those who claimed to control their fertility; and the elderly woman, who has always been an object of at best, pity, and at worst, horror. Examining modern society, Chollet concludes that these women continue to be harrassed and oppressed. Rather than being a brief moment in history, the persecution of witches is an example of society’s seemingly eternal misogyny, while women today are direct descendants to those who were hunted down and killed for their thoughts and actions. With fiery prose and arguments that range from the scholarly to the cultural, In Defense of Witches seeks to unite the mythic image of the witch with modern women who live their lives on their own terms.
Soutiens-gorge rembourrés pour fillettes, obsession de la minceur, banalisation de la chirurgie esthétique, prescription insistante du port de la jupe comme symbole de libération : la « tyrannie du look » affirme aujourd’hui son emprise pour imposer la féminité la plus stéréotypée. Décortiquant presse féminine, discours publicitaires, blogs, séries télévisées, témoignages de mannequins et enquêtes sociologiques, Mona Chollet montre dans ce livre comment les industries du « complexe mode-beauté » travaillent à maintenir, sur un mode insidieux et séduisant, la logique sexiste au cœur de la sphère culturelle.Sous le prétendu culte de la beauté prospère une haine de soi et de son corps, entretenue par le matraquage de normes inatteignables. Un processus d’autodévalorisation qui alimente une anxiété constante au sujet du physique en même temps qu’il condamne les femmes à ne pas savoir exister autrement que par la séduction, les enfermant dans un état de subordination permanente. En ce sens, la question du corps pourrait bien constituer la clé d’une avancée des droits des femmes sur tous les autres plans, de la lutte contre les violences à celle contre les inégalités au travail.
Le foyer, un lieu de repli frileux où l'on s'avachit devant la télévision en pyjama informe ? Sans doute. Mais aussi, dans une époque dure et désorientée, une base arrière où l'on peut se protéger, refaire ses forces, se souvenir de ses désirs. Dans l'ardeur que l'on met à se blottir chez soi ou à rêver de l'habitation idéale s'exprime ce qu'il nous reste de vitalité, de foi en l'avenir. Ce livre voudrait dire la sagesse des casaniers, injustement dénigrés. Mais il explore aussi la façon dont ce monde que l'on croyait fuir revient par la fenêtre. Difficultés à trouver un logement abordable, ou à profiter de son chez-soi dans l'état de " famine temporelle " qui nous caractérise. Ramifications passionnantes de la simple question " Qui fait le ménage ? ", persistance du modèle du bonheur familial, alors même que l'on rencontre des modes de vie bien plus inventifs... Autant de préoccupations à la fois intimes et collectives, passées ici en revue comme on range et nettoie un intérieur empoussiéré : pour tenter d'y voir plus clair, et de se sentir mieux.
C'est un livre sur une petite voix, celle qui se met souvent à parler en nous pour nous blâmer, nous rabaisser, nous tourmenter, un « ennemi intérieur », dont Mona Chollet montre qu'il est un ennemi intériorisé, le produit d'une longue sédimentation sociale et culturelle, le résultat de multiples processus de culpabilisation qu'il est temps d'analyser pour mieux tenter d'y résister.Préjugés, micro-agressions, harcèlement, humiliations, insultes : nous sommes en général bien averti.e.s de ces fléaux de la vie en société et nous nous efforçons de lutter contre eux. Mais il y a un cas de figure que nous négligeons : celui dans lequel l'agresseur, c'est... nous-mêmes.Nous sommes en effet nombreuses et nombreux à entendre régulièrement résonner dans notre tête une voix sarcastique et malveillante qui nous attaque, qui nous sermonne, qui nous rabaisse; qui nous dit que, quoi que nous fassions, nous avons tort; que nous ne valons rien, que nous ne méritons rien de bon, que nous présentons un défaut fondamental, que notre existence même est illégitime. Cette voix parle particulièrement fort quand nous appartenons à une catégorie dominée : enfants, femmes, minorités sexuelles ou raciales...Ce livre se propose donc de braquer le projecteur, pour une fois, sur l'ennemi intérieur. Quels sont ces pouvoirs qui parviennent ainsi à s'insinuer jusque dans l'intimité de nos consciences ? Comment se sont-ils forgés ?Comment les identifier, comment les tenir en respect? Nous étudierons quatre de leurs manifestations : la diabolisation des enfants, qui persiste bien plus qu'on ne le croit ; la culpabilisation des femmes, et en particulier des mères; le culte du travail, qui indexe strictement notre valeur sur notre productivité ; et enfin, la résurgence de logiques punitives jusque dans nos désirs de changer le monde, preuve de leur capacité à entraver jusqu'à nos plus beaux élans.
Jusqu’ici, j’ai toujours écrit pour tenter de débrouiller un ou plusieurs problèmes auxquels je me heurtais dans ma vie, en espérant que ce travail serve aussi à d’autres. Il est un peu déconcertant de le faire simplement, cette fois, pour partager l’un des stratagèmes par lesquels je maintiens allumée la flamme de ma vitalité – pour parler de plaisir.Parmi tous les ouvrages qui paraissent sur la culture numérique, je n’ai encore jamais rien lu au sujet de cette communauté éparse que j’ai moi-même rejointe il y a bientôt dix ans : celle des collectionneurs d’images en ligne, qui accumulent et partagent au fil des jours, sur Instagram, Tumblr, Flickr ou Pinterest, des photographies d’art, des tableaux, des dessins qu’ils aiment.Cette activité en apparence anodine représente mon équivalent de la liste des "Choses qui font battre le cœur" dressée par Sei Shônagon, dame de compagnie de l’impératrice consort du Japon, dans ses Notes de chevet, au XIe siècle. Dans un monde de plus en plus désespérant, j’ai envie de revendiquer ce rapport primaire et entêté à la beauté, cette confiance dans l’appui qu’elle offre, faisant de nous des perchistes arrachés momentanément à la gravité et catapultés dans les airs, libres et légers, avant de retomber… ailleurs.
Peu d'idées sont autant galvaudées aujourd'hui que celle de "réalité". Hommes politiques, chefs d'entreprise, mais aussi économistes, romanciers s'en réclament : seul le réalisme semble recevable, et il suffit à tout justifier. La réalité constitue désormais, dans notre mentalité collective, la valeur étalon. Elle est le nouveau dieu que nous vénérons ; le dernier qui reste en magasin, peut-être. Mona Chollet épingle l'usage pernicieux de cette notion dans tous les types de discours et démontre pourquoi l'injonction réaliste relève de l'imposture. Dans ce livre mordant et salutaire, elle met à nu l'idéologie implicite de certains "réalistes", elle ouvre aussi joyeusement un chemin de traverse. Elle nous rappelle les bienfaits de l'imagination et du rêve, non pas pour "fuir la réalité", mais au contraire pour se donner une chance de l'habiter pleinement.
Un essai engagé et polémique, un démontage sans concession de l'imaginaire politique de la droite " bling bling ". Un style incisif, souvent drôle, qui mêle l'enquête journalistique, l'écriture littéraire et la critique sociale. " J'ai fait un rêve ", slogan repris à Martin Luther King, fut l'un des moteurs de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Tout a été dit sur cette victoire sauf peut-être l'essentiel : et si elle correspondait au triomphe d'une nouvelle forme d'imaginaire politique ?Mona Chollet décortique les principaux éléments de l'univers sarkozyste : la " machine de guerre fictionnelle " que représente la success story , le mythe du self-made man, l'identification illusoire aux riches et aux puissants, le mépris des " perdants ", l'individualisme borné, le triomphe de l'anecdote et du people...Aux antipodes de la fascination béate et complaisante d'une Yasmina Reza, elle critique les impostures idéologiques du nouveau pouvoir : un démontage sans concession des valeurs de la droite bling bling , dans un style incisif, souvent drôle, toujours fin, mêlant l'enquête journalistique, l'écriture littéraire et la critique sociale.Lucide, elle pointe également la faiblesse alarmante de l'imaginaire de gauche, radicalement incapable de relever le défi. Contre le cynisme et les renoncements, il est urgent de réinventer un nouvel imaginaire émancipateur, en commençant par se réapproprier l'aspiration légitime à l'épanouissement personnel, aujourd'hui fourvoyée dans les mirages de la " société-casino ".
by Mona Chollet
Rating: 3.6 ⭐
À travers dix portraits, à la fois drôles et corrosifs, ce livre dévoile l'imposture de ces professionnels de la pensée-minute omniprésents dans les médias, inamovibles représentants du conformisme et de la pensée unique. Vous les connaissez bien. Leur visage et leur voix vous sont familiers.Ils signent tous les jours un éditorial dans la presse écrite ; ils livrent une chronique chaque matin sur une antenne de radio ; ils occupent les plateaux des grandes - et des petites - chaînes de télévision ; chaque année, voire plusieurs fois par an, leur nouveau livre envahit les tables des librairies." Ils ", ce sont les " éditocrates ". Ils ne sont experts de rien mais ils ont des choses à dire sur (presque) tout et, à longueur de journée, ils livrent à l'auditeur-lecteur-télespectateur-citoyen leurs commentaires creux ou délirants sur le monde comme il va et comme il devrait aller. Sentencieux, ils racontent (à peu près) tous la même chose et dans (presque) tous les domaines, que ce soit sur la vie politique, la crise économique, les problèmes de société, les questions internationales, etc. Pontifiants, ils répètent à tout bout de champ qu'ils sont " politiquement incorrects " - alors qu'ils sont les plus illustres représentants du conformisme intellectuel.À travers dix portraits drôles et corrosifs, ce livre dévoile l'imposture de ces professionnels de la pensée-minute.
by Mona Chollet