
Maylis de Kerangal est une femme de lettres française, née le 16 juin 1967 à Toulon. Elle passe son enfance au Havre, fille et petite-fille de capitaine au long cours. Elle étudie en classe préparatoire au lycée Jeanne-d'Arc de Rouen et ensuite à Paris de 1985 à 1990 l'histoire, la philosophie et l'ethnologie. Elle commence à travailler chez Gallimard jeunesse une première fois de 1991 à 1996, avant de faire deux séjours aux États-Unis, à Golden dans le Colorado en 1997. Elle reprend sa formation en passant une année à l'EHESS à Paris en 1998. Carrière d'écrivain[modifier | modifier le code] Elle publie son premier roman, Je marche sous un ciel de traîne, en 2000, suivis en 2003 par La Vie voyageuse, puis par Ni fleurs, ni couronnes en 2006, Dans les rapides en 2007 et par Corniche Kennedy en 2008. Ce dernier roman figure cette année-là dans la sélection de plusieurs prix littéraires comme le Médicis ou le Femina. Elle crée en même temps les Éditions du Baron Perché spécialisées dans la jeunesse où elle travaille de 2004 à 2008, avant de se consacrer à l'écriture. Elle participe aussi à la revue Inculte3. Son roman Naissance d'un pont est publié en 2010. Selon elle, « Il s’agit d’une sorte de western, autrement dit d’un roman de fondation, et la référence à ce genre cinématographique opère dans le texte, l’écriture travaille en plan large, brasse du ciel, des paysages, des matières, des hommes, et resserre sa focale sur les héros qui sont toujours pris dans l’action, dans la nécessité de répondre à une situation. ». Le 3 novembre 2010, l'ouvrage remporte à l'unanimité et au premier tour le prix Médicis. Le livre remporte aussi le Prix Franz Hessel et est, la même année, sélectionné pour les prix Femina, Goncourt, et Flore. Le Prix Franz Hessel permet à l'ouvrage de bénéficier d'une traduction en allemand, parue en 2012 chez Suhrkamp. En 2011, elle est l'une des participantes du Salon du livre de Beyrouth au BIEL (Beirut International Exhibition & Leisure Center). En 2012, elle remporte le prix Landerneau pour son roman Tangente vers l'est paru aux éditions Verticales. En 2014, elle est la première lauréate du Roman des étudiants France Culture-Télérama (ancien Prix France Culture-Télérama), pour son roman Réparer les vivants14 qui a été aussi couronnée par le Grand prix RTL-Lire 2014. Dans celui-ci, elle suit pendant 24 heures le périple du coeur du jeune Simon, en mort cérébrale, jusqu'à la transplantation.
Just before dawn on a Sunday morning, three teenage boys go surfing. While driving home exhausted, the boys are involved in a fatal car accident on a deserted road. Two of the boys are wearing seat belts; one goes through the windshield. The doctors declare him brain-dead shortly after arriving at the hospital, but his heart is still beating.The Heart takes place over the twenty-four hours surrounding the resulting heart transplant, as life is taken from a young man and given to a woman close to death. In gorgeous, ruminative prose, it examines the deepest feelings of everyone involved as they navigate decisions of life and death.As stylistically audacious as it is emotionally explosive, The Heart mesmerized readers in France, where it has been hailed as the breakthrough work of a new literary star. With the precision of a surgeon and the language of a poet, de Kerangal has made a major contribution to both medicine and literature with an epic tale of grief, hope, and survival.
From Wellcome Prize winner Maylis de Kerangal comes a fast-paced story of two fugitives set on the Trans-Siberian railway, where a desperate Russian conscript hopes a chance encounter with a French woman will offer him an escape. In sensual prose evoking jazz music and infused with a sense of surreal softness, Maylis de Kerangal brings the filthy, violent circumstances of Aliocha’s journey into sharp focus.‘The fever burning through this story, its suspense and its lyrical escapes don’t curb its sensuality, and precision. [Kerangal’s] language has an incredible driving force. It is both like a stone made up of many crystals, mixing registers with fluidity, and juxtaposing the poetic and the trivial. The whole thing has a unique rhythm, a sense of breathless speed: the sort of graceful rockslide that only she can pull off. In flux between interior and exterior, this is the perfect voyage.’ – Le Monde des Livres
Maylis de Kerangal follows up her acclaimed novel The Heart with a dissection of the world of a young Parisian chefMore like a poetic biographical essay on a fictional person than a novel, The Cook is a coming-of-age journey centered on Mauro, a young self-taught cook. The story is told by an unnamed female narrator, Mauro's friend and disciple who we also suspect might be in love with him. Set not only in Paris but in Berlin, Thailand, Burma, and other far-flung places over the course of fifteen years, the book is hyperrealistic--to the point of feeling, at times, like a documentary. It transcends this simplistic form, however, through the lyricism and intensely vivid evocative nature of Maylis de Kerangal's prose, which conjures moods, sensations, and flavors, as well as the exhausting rigor and sometimes violent abuses of kitchen work.In The Cook, we follow Mauro as he finds his path in life: baking cakes as a child; cooking for his friends as a teenager; a series of studies, jobs, and travels; a failed love affair; a successful business; a virtual nervous breakdown; and--at the end--a rediscovery of his hunger for cooking, his appetite for life.
An aesthetic and existential coming-of-age novel exploring the apprenticeship of a young female painter In Maylis de Kerangal's Painting Time, we are introduced to the burgeoning young artist Paula Karst, who is enrolled at the famous Institut de Peinture in Brussels. Unlike the friends she makes at school, Paula strives to understand the specifics of what she's painting--replicating a wood's essence or a marble's wear requires method, technique, and talent, she finds, but also something else: craftsmanship. She resolutely chooses the painstaking demands of craft over the abstraction of high art.With the attention of a documentary filmmaker, de Kerangal follows Paula's apprenticeship, punctuated by brushstrokes, hard work, sleepless nights, sore muscles, and long, festive evenings. After completing her studies at the Institute, Paula continues to practice her art in Paris, in Moscow, then in Italy on the sets of great films, all as if rehearsing for a grand finale: at a job working on Lascaux IV, a facsimile reproduction of the world's most famous paleolithic cave art and the apotheosis of human cultural expression.An enchanted, atmospheric, and highly aesthetic coming-of-age novel, Painting Time is an intimate and unsparing exploration of craft, inspiration, and the contours of the contemporary art world. As she did in her acclaimed novels The Heart and The Cook, Maylis de Kerangal unravels a tightly wound professional world to reveal the beauty within.
« Les petits cons de la corniche. La bande. On ne sait les nommer autrement. Leur corps est incisif, leur âge dilaté entre treize en dix-sept, et c'est un seul et même âge, celui de la conquête : on détourne la joue du baiser maternel, on crache dans la soupe, on déserte la maison. » Le temps d'un été, quelques adolescents désœuvrés défient les lois de la gravitation en plongeant le long de la corniche Kennedy. Derrière ses jumelles, un commissaire, chargé de la surveillance de cette zone du littoral, les observe. Entre tolérance zéro et goût de l'interdit, les choses vont s'envenimer... Âpre et sensuelle, la magie de ce roman ne tient qu'à un fil, le fil d'une écriture sans temps morts, cristallisant tous les vertiges.
« À l’aube du second jour, quand soudain les buildings de Coca montent, perpendiculaires à la surface du fleuve, c’est un autre homme qui sort des bois, c’est un homme hors de lui, c’est un meurtrier en puissance. Le soleil se lève, il ricoche contre les façades de verre et d’acier, irise les nappes d’hydrocarbures moirées arc-en-ciel qui auréolent les eaux, et les plaques de métal taillées en triangle qui festonnent le bordé de la pirogue, rutilant dans la lumière, dessinent une mâchoire ouverte. » Ce livre part d’une ambition à la fois simple et folle : raconter la construction d’un pont suspendu quelque part dans une Californie imaginaire à partir des destins croisés d’une dizaine d’hommes et femmes, tous employés du gigantesque chantier. Un roman-fleuve, « à l’américaine », qui brasse des sensations et des rêves, des paysages et des machines, des plans de carrière et des classes sociales, des corps de métiers et des corps tout court.
« J'ai conçu Canoës comme un roman en pièces détachées : une novella centrale, «Mustang», et autour, tels des satellites, sept récits. Tous sont connectés, tous se parlent entre eux, et partent d'un même désir : sonder la nature de la voix humaine, sa matérialité, ses pouvoirs, et composer une sorte de monde vocal, empli d'échos, de vibrations, de traces rémanentes. Chaque voix est saisie dans un moment de trouble, quand son timbre s'use ou mue, se distingue ou se confond, parfois se détraque ou se brise, quand une messagerie ou un micro vient filtrer leur parole, les enregistrer ou les effacer. J'ai voulu intercepter une fréquence, capter un souffle, tenir une note tout au long d'un livre qui fait la part belle à une tribu de femmes - des femmes de tout âge, solitaires, rêveuses, volubiles, hantées ou marginales. Elles occupent tout l'espace. Surtout, j'ai eu envie d'aller chercher ma voix parmi les leurs, de la faire entendre au plus juste, de trouver un «je», au plus proche. ».(M. de K.)
Da premiada autora francesa Maylis de Kerangal, Dia de ressaca, com ar de thriller e suspense, realiza um profundo estudo de personagem e mostra como o passado é algo maleável que sempre se faz presente. Em um dia de novembro, a protagonista, uma dubladora francesa, recebe uma ligação de um policial da cidade costeira do Havre informando que o corpo de um homem foi encontrado numa via pública. Ao ser convocada para comparecer ao comissariado no dia seguinte, ela é forçada a retornar à sua cidade natal e lá descobre que seu número de telefone foi encontrado junto aos pertences do estranho, escrito no verso de um ingresso de cinema. De uma hora para outra, ela se vê conectada a um homem morto sobre o qual acredita não saber nada.Atordoada pela revelação, ela se distancia do marido, Blaise, e da filha, Maïa. Incapaz de sair do Havre, ela volta à cena da tragédia e perambula pela cidade e por sua orla, ao ritmo do emaranhado de suas memórias, apenas para reencontrar velhos conhecidos e reacender o espectro de um amor juvenil.Dia de ressaca apresenta uma cidade assombrada por sua destruição durante a Segunda Guerra Mundial e que agora vive sob a pressão do tráfico de drogas. Embora Maylis de Kerangal não desvende todos os mistérios, ela desvela os fios de um passado móvel e ativo que, vindo à tona para onde quer que se olhe, deixará os leitores extremamente sensibilizados. “Se o meditativo e inebriante Dia de ressaca é uma investigação, um romance noir, sua resolução é acima de tudo sensual e existencial.” – Télérama.“A autora de Coração e alma retorna ao Havre com esta odisseia íntima com ar de thriller hitchcockiano.” – Le Nouvel Observateur.
3 ottobre 2013, notte fonda. Una donna, sola in cucina, beve un caffè e sfoglia il giornale quando un bollettino radio le vomita addosso gli ultimi un barcone proveniente dalla Libia è affondato a due chilometri dalla costa di Lampedusa causando la morte di oltre 300 persone. Nella mente della donna, alla voce metallica della radio fanno da contrappunto le immagini di Burt Lancaster, ne Il Gattopardo, poi in The Swimmer. Il suo pensiero vaga e divaga dando vita a un paesaggio interiore insieme tragico e mitico e, passando per altre terre, per altri sentieri, ricompone, come in un caleidoscopio, la Lampedusa attuale, ormai lontana dal mondo dorato del principe di Salina e indissolubilmente legata a quello e ad altri naufragi. Con "Lampedusa", Maylis de Kerangal compie a suo modo una traversata notturna durante la quale interroga un mondo in decadenza dove i diritti umani cessano a un tratto di esistere. Un omaggio a Lampedusa, isola di cinema e letteratura, diventata l'epicentro di una tragedia umana.
"T'es rock, t'es pas rock. La vie rock. Ce n'est pas gravé sur les disques, ce n'est pas imprimé dans les livres. Une épithète consubstantielle, un attribut physique comme être blonde, nerveux, hypocondriaque, debout. Rock rock rock. Le mot est gros comme un poing et rond comme un caillou. Prononcé cent fois par jour, il ne s'use pas. Dehors le ciel bouillonne, léger, changeant quand les nuages pèsent lourd, des milliers de tonnes bombent l'horizon derrière les hautes tours, suspendus. Être rock. Être ce qu'on veut. Plutôt quelque chose de très concret. Demandez le programme !" Le Havre, 1978. Elles sont trois amies inséparables. Un dimanche de pluie, elles font du stop, et dans la R16 déboule la voix de Debbie Harris, la chanteuse de Blondie. Debbie qui s'impose aux garçons de son groupe, Debbie qui va devenir leur modèle.
Tomi Motz, un ingénieur de 50 ans, est mandaté par son entreprise pour contrôler les installations du barrage de Seyvoz. L'histoire tragique de ce barrage - dans les années cinquante son édification a provoqué l'engloutissement d'un village de montagne et la dispersion d'une communauté - remonte à la surface, et Tomi voit sa mission empêchée par une série de dérèglements sensoriels et psychiques. Autour de lui tout tangue, les paysages et les comportements, l'environnement et sa raison vacillent.
Dotée d'une carte blanche dans le cadre d'un programme de résidences intitulé "Mineurs d'un autre monde", Maylis de Kerangal prend un vol à destination de Kiruna, en Laponie suédoise. En 2004 les résultats d'un diagnostic des sols révèlent que la ville menace de s'effondrer. L'existence de Kiruna est intrinsèquement liée à celle de la mine ; la décision est alors prise de déménager la ville de quelques kilomètres afin que l'exploitation des sols puisse se prolonger.Sur le mode du reportage littéraire, l'auteure nous emmène à la découverte de l'une des plus grandes exploitations minières encore en activité, tout en dressant le portrait d'hommes et plus particulièrement de femmes qui ont marqué l'histoire des lieux, manifestant l'importance de leurs luttes pour obtenir considération, reconnaissance et autorité au sein de cette industrie minière.
Le narrateur est un jeune homme une dizaine d’années, il considère Bruce comme une sorte d’oncle d’Amérique auréolé de mystère. Resurgi après trois ans de silence, l’homme est venu tenir la promesse qu’il avait faite à l’enfant: trois jours en montagne, trois jours pour découvrir l’univers particulier du hors-piste. Mais ce voyage va aussi être l’occasion d’aller à la découverte de soi et pourquoi pas d’apprendre à tracer sa propre piste.En partenariat avec la galerie Jeanne Robillard, carte blanche a été donnée au sérigraphiste Tom Haugomat, qui nous entraîne au coeur de la montagne.Maylis De Kerangal s’est emparée de ces images pour nous raconter l’histoire d’une aventure en hors-piste, d’un voyage qui entraînera les personnages plus loin qu’ils ne l’auraient pensé. Un album comme une plongée en haute montagne, une aventure à couper le souffle, mais aussi l’exploration d’un univers graphique fort et singulier grâce aux pages fi nales qui nous ouvrent les portes de l’atelier de Tom Haugomat et nous dévoilent ses secrets.
Je m'appelle Nina, j'ai neuf ans. J'habite au septième étage d'un immeuble rococo. Chez moi, le plancher craque, le couloir est tordu comme un bretzel, et ma chambre petite avec une grande fenêtre. J'ai trois copines à la Vie à la mort, un chat, deux grands frères, et un voisin de mon âge très énervant. Ma nouvelle vie a commencé le soir où j'ai trouvé un oreiller tout neuf posé sur mon lit...
Comment parler autrement d'écriture ? Comment l'écrivain peut-il partager ce qui se passe devant la page blanche ? L'IMEC invite les écrivains à écrire le roman-photo de l'écriture, un petit traité de poétique imagée, une invitation à parler de soi en regardant ailleurs. Diaporama. Après Tanguy Viel, c'est au tour de Maylis de Kerangal d'interroger sa pratique d'écrivain par le détour de l'image. Comme le peintre ou le photographe, le romancier cadre, scénographie, traque l'insaisissable, donne forme à une expérience sensible et inédite du monde. Comme le cartographe, il construit un réseau de noms.Avec Chromes , Maylis de Kerangal explore la combinaison complexe d'aspirations, de motifs personnels et d'opérations formelles par laquelle ses livres adviennent.Maylis de Kerangal est née en 1967 et a grandi au Havre. Ses romans et nouvelles sont publiés aux éditions Verticales. Parmi eux, Corniche Kennedy (2008), Naissance d'un pont (2010, prix Médicis et prix Franz Hessel), Tangente vers l'est (2012, Prix Landernau), Réparer les vivants (2014, lauréat de nombreux prix littéraires et adapté au théâtre et au cinéma) et Un monde à portée de main (2018). Son dernier ouvrage, Kiruna , a paru en 2019 aux éditions La Contre-Allée. Elle est membre du collectif Inculte.Chromes est le nouveau Diaporama de l'IMEC.
by Maylis de Kerangal
Rating: 3.0 ⭐
Des catcheuses aux championnes de tennis, de la course en talons aux larmes des plus grandes athlètes, de Suzanne Lenglen à Laure Manaudou, de Nadia Comaneci à Manuela Montebrun, de Samantha Davies à Nelly Viennot... les femmes ont-elles inventé une nouvelle manière de faire et de parler du sport ?Aujourd'hui, les femmes se passionnent pour le sport, longtemps seulement l'affaire des hommes.Un sujet qui, au-delà du sport, rejoint toutes les problématiques de la femme dans la société moderne : la compétition et la performance, le corps et la séduction, la maternité et la vie professionnelle, l'(in)égalité hommes / femmes.
Antoine Dezergues, le narrateur, est un jeune homme essoufflé qui erre le coeur vide dans une totale absence de projet comme de désir. Une panne de voiture le fait échouer à Ribérac, une petite bourgade du Sud-Ouest, peuplée d'âmes solitaires. Là, il s'enlise peu à peu dans une déambulation infinie qui n'a d'autre objet, entre parties de pêche et longueurs en piscine, que de se livrer - sans aucune complaisance - à l'examen de son existence dissoute. Deux personnages surgissent à égales distances de lui : Armand Tabasque, libraire en faillite et manipulateur subtil et Claire, sa nièce, venue se réfugier chez lui. Le corps en fuite de Claire vient raviver celui d'Antoine. Triangulation du désir, opacité du passé, mensonges et porosités de la mémoire s'entrechoquent sur fond de campagne automnale. Un lourd secret lié à la Seconde Guerre mondiale hante les consciences coupables de ce village endormi. Les manipulations de Tabasque, l'innocence naïve d'Antoine vont alors permettrent aux intrigues de se dévoiler alors comme des trompe-l'oeil. Je marche sous un ciel de traîne est le roman de ce passage vers la vérité, celle que le village cachait et celle qu'Antoine va découvrir à son propre sujet.
Ariane Malauzier travaille pour la revue L'Archiviste, spécialisée en généalogie. Elle enquête sur le puzzle des origines d'autrui. Le cul-de-sac d'une vie bien réglée, en apparence. Jusqu'à ce que sa vénérable tante Jeanne, dame à chapeau et tailleur Chanel, lui propose de retrouver Ignacio Torres, exilé espagnol qui fut l'éphémère et secret amant de sa jeunesse guindée. Selon le principe des vases communicants, ce périple fait remonter à la surface un autre mirage sentimental. Ce livre d'aventures intimes dessine une errance identitaire mélancolique et sensuelle, proche de la géographie sentimentale de certains films d'Antonioni. Dans ce retour sur soi de la mémoire amoureuse, rien de linéaire. Tout n'est que détour et éternel retour, flash-backs prémonitoires et incertitudes rétrospectives, à l'image du désordre intérieur de l'héroïne.
"Cru. Parfois, sur la grille, seul un tableau respire, c'est Un atelier aux Batignolles de Fantin-Latour, et c'est fou de le voir ainsi, sans l'ennoblissement de la salle d'exposition, sans la mise en scène, l'éclairage, la distance, sans les voisins adéquats. La réalité de la toile y est plus puissante, sa surface plus présente, sa matière plus tangible. Comme si l'oeuvre était nue. Tout me paraît plus concret dans les réserves. Âpre et cru."Maylis de KerangalInvités par le musée d'Orsay à revisiter ses collections, Maylis de Kerangal et Jean-Philippe Delhomme ont eu l'occasion d'arpenter les réserves de l'institution, lieu secret où sont conservées les oeuvres quand elles ne sont pas visibles du public.De leurs visites communes est né ce livre où les peintures de Jean-Philippe Delhomme font écho à un texte inédit de Maylis de Kerangal, témoignages de leurs impressions devant ces oeuvres en attente.
Pierre, feuille, ciseaux mais aussi îlot, parcelle, lisière… De mot en mot, au gré d’analogies et de fictions embryonnaires, apparaît un territoire composite fait de mystérieuses friches et de zones maraîchères, vestiges agricoles d’un autre temps. On y croise une vieille dame ex-chef de bande de la Cité-Jardin, une fillette qui conserve ses trésors dans une boîte à chaussures, on y trouve des centaines de téléphones portables qui recèlent des milliers de textos, une perle noire soigneusement enfouie au fond d’une commode, un cahier de couture et d’amples chorégraphies pour rejouer son existence aux yeux du monde.
« J'ai choisi d'intituler ce volume Un archipel car il m'a semblé [...] que ces textes distincts, disparates, cré[e]nt exactement un archipel : ils agencent une forme ; ils font apparaître une unité. Or, c'est précisément cette notion de composition qui m'intéresse, et l'idée qu'une écriture singulière puisse être rendue sensible dans ce choix d'écrits ponctuant quinze années d'écriture et de publication. » Maylis de Kerangal* * *« Rouge », une longue fiction inédite, ouvre ce volume qui offre aussi vingt-deux textes, des récits et des essais de longueur variable, parus entre 2007 et 2022 en une vingtaine de lieux différents. Ensemble, ils composent un paysage unique et multiple au sein duquel la lecture emboîte allègrement le pas au récit tandis que l'attention portée à une texture, une voix, une image nous place, dans une langue vive et somptueuse, au coeur d'une recherche en mouvement constant, curieuse de tout. La prose de Maylis de Kerangal trouve, dans la brièveté, une densité et une force remarquables dont le lecteur ne peut qu'être frappé.
« Au son de la clochette, je suis entré dans une courette en ciment où s’alignaient des semis en pots, un fauteuil de plastique blanc, un balai. J’ai attendu, fléchissant les genoux pour voir au travers du carreau de la porte. Ariane est arrivée derrière moi, une bassine rose fluo dans les bras, la voix basse et limpide : c’est moi que tu cherches ? »
by Maylis de Kerangal
by Maylis de Kerangal
« Une heure n’est pas qu’une heure, c’est un vase rempli de parfums, de sons, de projets et de climats. » Tel est le temps pour le Narrateur d’À la recherche du temps perdu. Mais qu’en pensent les physiciens ou les mathématiciens à l’époque de l’horloge atomique ? Qu’en disent les géoscientifiques ou les neuroscientifiques ? Les linguistes et les artistes ? Quant au temps chronologique de l’historien, qu’a-t-il à voir avec celui de l’écrivain ?C’est à cette confrontation que nous convie le présent dictionnaire issu des travaux du collectif ProusTime : penser le temps avec Proust, des sciences humaines aux sciences exactes en passant par les arts. Traces neuronales et traces du land art, archives historiques et archives environnementales, histoire des sociétés humaines et histoire de l’univers… Dans ces pages se font jour autant de conceptions du temps et de la mémoire qui croisent celles de la Recherche. L’anachronisme y côtoie l’oubli, l’ellipse y voisine avec le progrès et une mystérieuse pelote de laine n’est pas loin d’une pédale de piano…Autant d’échappées belles avec le plus grand spécialiste du temps : Proust lui-même !Avec la contribution des membres du groupe ProusTime : François Charru, Jean-Marc Devaud, Anne Le Draoulec, Gaël Le Roux, Marie-Paule Péry-Woodley, Isabelle Serça, Gérard Tiné et Colette Zytnickiet la participation exceptionnelle de Jérôme Bastianelli, David Bellos, Alain Connes, Francis Eustache, Maylis de Kerangal, Étienne Klein, Maryse Perrin, Nicolas Ragonneau et Jean-Yves TadiéIllustration de couverture originale par Stéphane Heuet
by Maylis de Kerangal
Un président de la République qui fait son jogging devant les caméras, un footballeur antillais qui interpelle la France sur son passé colonial... chaque jour le sport et la politique agissent l'un par l'autre. Avec un mélange d'érudition, de passion sportive et d'humour, treize écrivains contemporains explorent ce croisement entre deux mondes. Ensemble, avec François Bégaudeau, ils ont écrit ce livre multiple, foisonnant et drôle, qui réveille les mémoires, rappelle des événements essentiels comme la performance de Jesse Owens devant Hitler à Berlin en 1936, le Mundial des généraux argentins en 1978, ou encore La Marseillaise sifflée dans les stades depuis 2001. Chacun y pose forcément des questions dérangeantes (le rugby est-il collabo? le patinage artistique est-il démocrate-chrétien? la Lazio est-elle vraiment fasciste?) et plonge dans ces mythologies quotidiennes où le sport en dit beaucoup plus sur la politique que les politiques eux-mêmes.
by Maylis de Kerangal