
Jean Giono, the only son of a cobbler and a laundress, was one of France’s greatest writers. His prodigious literary output included stories, essays, poetry, plays, film scripts, translations and over thirty novels, many of which have been translated into English. Giono was a pacifist, and was twice imprisoned in France at the outset and conclusion of World War II. He remained tied to Provence and Manosque, the little city where he was born in 1895 and, in 1970, died. Giono was awarded the Prix Bretano, the Prix de Monaco (for the most outstanding collected work by a French writer), the Légion d’Honneur, and he was a member of the Académie Goncourt.
En Provence, dans une région aride et sauvage, un berger solitaire plante des milliers d'arbres. Au fil des ans, les collines autrefois nues reverdissent et les villages désertés reprennent vie. Voici l'histoire d'Elzéard Bouffier, le silencieux, l'obstiné, celui qui réconcilie l'homme et la nature.Jean Giono nous fait découvrir une merveilleuse aventure pleine de tendresse et de générosité qu'Olivier Desvaux illustre avec la même sensibilité.
Perhaps no other of his novels better reveals Giono's perfect balance between lyricism and narrative, description and characterization, the epic and the particular, than The Horseman on the Roof. This novel, which Giono began writing in 1934 and which was published in 1951, expanded and solidified his reputation as one of Europe's most important writers.This is a novel of adventure, a roman courtois, that tells the story of Angelo, a nobleman who has been forced to leave Italy because of a duel, and is returning to his homeland by way of Provence. But that region is in the grip of a cholera epidemic, travelers are being imprisoned behind barricades, and exposure to the disease is almost certain.Angelo's escapades, adventures, and heroic self-sacrifice in this hot, hallucinatory landscape, among corpses, criminals, and rioting townspeople, share this epic tale.
"Le livre est parti parfaitement au hasard, sans aucun personnage. Le personnage était l'Arbre, le Hêtre. Le départ, brusquement, c'est la découverte d'un crime, d'un cadavre qui se trouva dans les branches de cet arbre. Il y a eu d'abord l'Arbre, puis la victime, nous avons commencé par un être inanimé, suivi d'un cadavre, le cadavre a suscité l'assassin tout simplement, et après, l'assassin a suscité le justicier. C'était le roman du justicier que j'avais écrit. C'était celui-là que je voulais écrire, mais en partant d'un arbre qui n'avait rien à faire dans l'histoire."
Un débris de hameau où quatre maisons fleuries d'orchis émergent des blés drus et hauts. Ce sont les Bastides Blanches, à mi-chemin entre la plaine et le grand désert lavandier, à l'ombre des monts de Lure. C'est là que vivent douze personnes, deux ménages, plus Gagou l'innocent. Janet est le plus vieux des Bastides. Ayant longtemps regardé et écouté la nature, il a appris beaucoup de choses et connaît sans doute des secrets. Maintenant, paralysé et couché près de l'âtre, il parle sans arrêt, « ça coule comme un ruisseau », et ce qu'il dit finit par faire peur aux gens des Bastides. Puis la fontaine tarit, une petite fille tombe malade, un incendie éclate. C'en est trop! Le responsable doit être ce vieux sorcier de Janet. Il faut le tuer... Dans Colline, premier roman de la trilogie de Pan (Un de Baumugnes, Regain), Jean Giono, un de nos plus grands conteurs, exalte dans une langue riche et puissante les liens profonds qui lient les paysans à la nature.
Tous sont partis. Panturle se retrouve seul dans ce village de Haute-Provence battu par les vents au milieu d’une nature âpre et sauvage. Par la grâce d’une simple femme, la vie renaîtra.Jean Giono, un de nos plus grands conteurs, exalte dans Regain , avec un lyrisme sensuel, les liens profonds qui lient les paysans à la nature.Jean Giono est né à Manosque en 1895. Il y fait ses études secondaires, puis travaille dans une banque. Après la guerre, il reprend son emploi et le garde jusqu’à ses premiers succès littéraires, en 1929, avec des poèmes et des romans qui expriment toute la poésie de la Haute-Provence : Colline , Un de Baumugnes , Regain , Jean le Bleu , Que ma joie demeure , Le Serpent d’étoiles , etc. Regain est le dernier roman de la «Trilogie de Pan», les deux autres étant Colline et Un de Baumugnes . Membre de l’Académie Goncourt en 1954, Jean Giono est mort à Manosque en octobre 1970.
A novel of provincial France follows Jourdan, a farmer completely in touch with the wonders of nature
«Le matin fleurissait comme un sureau.Antonio était frais et plus grand que nature, une nouvelle jeunesse le gonflait de feuillages.- Voilà qu'il a passé l'époque de verdure, se dit-il.Il entendait dans sa main la truite en train de mourir. Sans bien savoir au juste, il se voyait dans son île, debout, dressant les bras, les poings illuminés de joies attachées au monde, claquantes et dorées comme des truites prisonnières. Clara, assise à ses pieds, lui serrait les jambes dans ses bras tendres.»
A la « Buvette du Piémont », un vieux journalier est attiré par un grand gars qui parait affreusement triste et provoque ses confidences : Albin venait de la montagne, de Baumugnes. Trois ans auparavant, il était tombé amoureux fou d'une fille qui s'est laissé séduire par le Louis, « un type de Marseille, un jeune tout creux comme un mauvais radis». Le Louis ne lui avait pas caché que son intention était de mettre la fille sur le trottoir.Depuis, Albin était inconsolable, traînant de ferme en ferme, sans se résoudre à remonter à Baumugnes.Alors le vieux, qui n'est que bonté, décide d'aider Albin...
A nomad and a swindler embark on an eccentric road trip in this picaresque, philosophical novel by the author of The Man Who Planted Trees.The south of France, 1950: A solitary vagabond walks through the villages, towns, valleys, and foothills of the region between northern Provence and the Alps. He picks up work along the way and spends the winter as the custodian of a walnut-oil mill. He also picks up a problematic companion: a cardsharp and con man, whom he calls “the Artist.”The action moves from place to place, and episode to episode, in truly picaresque fashion. Everything is told in the first person, present tense, by the vagabond narrator, who goes unnamed. He himself is a curious combination of qualities—poetic, resentful, cynical, compassionate, flirtatious, and self-absorbed.While The Open Road can be read as loosely strung entertainment, interspersed with caustic reflections, it can also be interpreted as a projection of the relationship of author, art, and audience. But it is ultimately an exploration of the tensions and boundaries between affection and commitment, and of the competing needs for solitude, independence, and human bonds. As always in Jean Giono, the language is rich in natural imagery and as ruggedly idiomatic as it is lyrical.
Publié en 1950, cette célèbre chronique, à la couleur intensément tragique et au style souple et varié, doit son titre à un aphorisme de Vauvenargues qui définit l'âme forte comme étant "dominée par quelque passion altière et courageuse". Cette âme forte, c'est avant tout celle de l'héroïne, Thérèse, personnage stendhalien, à la fois ingénue et prédatrice déclarée. À travers son récit se lit la puissance irréductible de la passion, qui éloigne du réel et fait vivre dans l'imaginaire. Aussi sa voix est-elle systématiquement contestée par une seconde narratrice, anonyme, sorte de "contre" en quête d'une autre vérité. Il en résulte un système romanesque profondément original, qui détruit de façon lancinante les récits successifs qui s'y déploient ; cette mise en péril permanente de l'existence même de l'histoire rappelle les procédés chers à Pirandello, qui propose le même système de vérités plurielles et antagonistes. Les Âmes fortes contribue ainsi sans doute à l'avènement de cette nouvelle époque romanesque que Nathalie Sarraute appellera dès 1956 "l'ère du soupçon". --Nathalie Gouiffès
An NYRB Classics OriginalMoby-Dick looms large in the world’s imagination. But until the mid-1930s--eighty years after it first appeared in English--it remained unavailable in French. The Provencal novelist Jean Giono fell in love with the book. He inspired his friend Lucien Jacques to join him in the project of rendering Melville’s stirring prose. After they finished, their publisher persuaded Giono to write a preface. Giono was unwilling at first to accept--the translation had taken a few years to complete, and he was eager to move on. But he was brought around by the desire to introduce Melville to the French public.The result, issued as a separate volume in French, is an unparalleled intercultural creation, part preface, part biography, part philosophical rumination, part romance, part unfettered fantasy. The French publisher continues to classify it as “un essai,” a literary experiment. Melville: A Novel is an intimate homage from one great writer to another, across time and space, a true meeting of French and American minds. Paul Eprile’s meticulous translation of this startling text brings the exchange full circle.
Written in chilling detail, this novel describes the effect of World War I on a small community in Provence. In some of the most fiercely realistic and horrifying scenes of war ever recreated in literature, this story evokes the harsh, primitive conditions in the trenches as well as the loneliness and anxiety experienced by those left at home. The gradual disintegration of normal life and morals in areas far from the fighting grimly parallels the wholesale destruction of men, land, and animals at the front.
This novel is a fictionalized autobiography of the author's boyhood in the the countryside of Provence, told through the eyes of a child.Blue Boy is a 1932 novel by the French writer Jean Giono. It tells the story of a family in Provence, with an ironer mother and a shoemaker father. The book is largely autobiographical and based on Giono's childhood, although it has many fictional anecdotes.
The Serpent of Stars (Le serpent d'étoiles, 1933; reprinted 1999 Grasset) takes place in rural southern France in the early part of the century. The novel’s elusive narrative thread ties landscape to character to an expanse just beyond our grasp. The narrator encounters a shepherding family and glimpse by glimpse, each family member and the shepherding way of life is revealed to us. The novel culminates in a large shepherds’ gathering where a traditional Shepherd’s Play—a kind of creation myth that includes in its cast The River, The Sea, The Man, and The Mountain—is enacted. The work’s proto-environmental world view as well as its hybrid form—part play, part novel—makes The Serpent of Stars astonishingly contemporary. W.S. Merwin’s "Green Fields" begins, "By this part of the century few are left who believe in the animals for they are not there in the carved parts/of them served on plates and the pleas from slatted trucks..." This novel leaves the reader believing not only in the animals, but the terrain they are part of, the people who tend them, and the life all these elements together compose.
The Solitude of Compassion, a collection of short stories never before available in English, won popular acclaim when it was originally published in France in 1932. It tells of small-town life in Provence, drawing on a whole village of fictional characters, often warm and decent, at times immoral and coarse. Giono writes of a friendship forged in a battlefield trench in the midst of World War I; an old man’s discovery of the song of the world; and, in the title story, the not-unrelated feelings of compassion and pity. In these twenty stories, Giono reveals his marvelous storytelling through his vivid images and lyrical prose, whether he is conveying the delicate scents of lavender and pine trees, or the smells of damp earth and fresh blood.
De Manosque à Florence, en passant par Milan, Venise, Padoue, Bologne, voici l'Italie de Jean Giono, romancier du bonheur. Le lecteur le suivra dans ses découvertes, avec un plaisir extrême. À chaque pas, le paysage et les êtres apportent leur leçon. Giono sait traduire le message d'une allée de cyprès sur une colline, du froncement de sourcils d'un Milanais, du battement de cils d'une Vénitienne. Il est délicieux de voyager avec un tel guide.
An evocation of a peasant community in the Camargue, with striking portraits of eccentric but always lifelike characters farmers, gypsies, and others. Giono's sense of people is matched by his lyrical descriptions of landscape and wildlife.
أخذنا چان چيونو في رحلة مع القدر، العزلة والغموض في رواية تتأمل في تأثير الماضي على الحاضر، وتطرح تساؤلات حول النفس البشرية وما تتبناه في تفكيرها وتؤمن به وتتعامل على أساسه.في قرية هادئة ومنسية توجد منطقة الطاحونة البولندية، ليست مجرد بناء عتيق، بل شاهدة على سلسلة من المصائب التي تلحق بعائلة تطاردها لعنات الماضي.أفراد العائلة، جيلاً بعد جيل، يقعون فريسة لقدر غامض لا يرحم. أرواح معذَّبة وتائهة، أحلامٌ ضائعة، قرية يسودها التخبُّط يلهثون وراء الفضائح…لكن، هل نحن مَن نختلق اللعنات؟ أم هو عقابٌ على خطايا قديمة؟ أم مجرد سوء حظ لا نهاية له؟هل يمكن أن يكسر الحب لعنة الزمن؟
Angelo, le héros du Hussard sur le toit, part de Turin après avoir fort joliment tué d'un coup de sabre M. le baron Schwartz, espion autrichien. Il passe la frontière en grand uniforme de colonel des hussards de Sardaigne, sur un cheval admirable. Les conspirations, les dangers, les amours ne vont point manquer à Angelo qui se trouvera aux prises avec le subtil vicaire général d'Aix-en-Provence, le marquis de Théus, avec la charmante Anna Clèves qui l'aimera sans espoir, avec Pauline enfin, cette femme si belle qu'il sauvera un jour.
'Je ne peux pas oublier la guerre. Je le voudrais. Je passe des fois deux jours ou trois sans y penser et brusquement, je la revois, je la sens, je l’entends, je la subis encore. Et j’ai peur. Ce soir est la fin d’un beau jour de juillet. La plaine sous moi est devenue toute rousse. On va couper les blés. L’air, le ciel, la terre sont immobiles et calmes. Vingt ans ont passé. Et depuis vingt ans, malgré la vie, les douleurs et les bonheurs, je ne me suis pas lavé de la guerre. L’horreur de ces quatre ans est toujours en moi. Je porte la marque. Tous les survivants portent la marque.' Un texte bouleversant dans lequel Jean Giono livre, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, un véritable plaidoyer pour la paix.
Que dire lorsque l'on vous somme de justifier une absence de dix ans comme c'est le cas pour Ulysse lors de son retour. Peu de choses, peut-être un mensonge, suggère l'auteur...
Les Vraies Richesses... Titre explicite pour une manière de récit et d'essai dénonçant la vanité de la vie citadine, de l'argent, célébrant la gloire du soleil, de la terre, des collines, des ruisseaux, des fleuves « qui m'irriguent plus violemment que mes artères et mes veines ». L'ouvrage débute par une promenade parisienne à Belleville, prétexte pour l'auteur à une réflexion sur les « racines ». Giono, visionnaire et virtuose du sacré, rejoint vite, d'un bel élan amoureux, ses chemins de traverse provençaux, ses paysans mythologiques, la loi du pain, le vent des rêves. Ce livre n'a aucun genre et les a tous. Manifeste écologique ? Peut-être, mais pour une campagne moins électorale que poétique.
Two brothers, Marceau and Ange Jason, are members of a family renowned and respected for its brutality and are therefore bound together with ties stronger than those of ordinary brotherly love. This affection soon turns to hatred after Marceau kills a wild horse with a single blow at a country fair, becoming the local wrestling champion. As his strength increases and his fame spreads, the younger sibling's jealousy causes this bond to snap. The end, when it comes, is a violent—and deadly—confrontation. Two Riders of the Storm is a story of a Cain-and-Abel-like struggle for supremacy in its most primitive form described with an intense and stark poetic beauty that transforms the brutal imagery into elemental forces of life death.
Un bambino e suo padre tutte le domeniche fanno una passeggiata in campagna. Ma le siepi di biancospino e gli alberi ostruiscono la vista del bambino che vorrebbe vedere le stesse cose che vedono gli uccelli che passeggiano nel cielo. Il bambino è bravo ad arrampicarsi e conquista la cima di un albero ma anche questo non gli basta. Vuole più spazio. I colori, i profumi, le geometrie dei campi coltivati, la lentezza del volo degli uccelli, i ritmi placidi della vita contadina nella prosa limpida e splendente di Giono. Età di lettura: da 7 anni.
"Je ne dis pas que Gaston Dominici n'est pas coupable, je dis qu'on ne m'a pas prouvé qu'il l'était", écrit Jean Giono dans ce petit livre, qu'il a divisé en deux parties. La première est composée de notes d'audience prises à chaud, pour ainsi dire, et mises au net ensuite. Ces notes sont d'un grand écrivain. Elles éclairent les insuffisances du procès. Elles mettent en lumière bien des points qui sont restés dans l'ombre, elles font ressortir des subtilités que personne jusqu'ici n'avait aperçues. En premier lieu "nous avons affaire à un procès de mots", dit Jean Giono. En effet, l'accusé parle un langage primitif, sans syntaxe ; on transcrit ses déclarations et on l'interroge dans un autre langage, le français officiel. Cette simple remarque pourrait bien tout remettre en question.Dans la seconde partie, qui est un morceau éblouissant, l'auteur esquisse une description du caractère de l'accusé et des témoins. En s'appuyant sur la vie des paysans de la Durance qu'il connaît bien, sur les conditions géographiques, voire historiques, il reconstitue avec une impressionnante plausibilité ce qu'ont été la vie, les pensées, ce qu'est même la sensibilité du fermier de la Grand Terre, personnage homérique, paysan rusé, mais jamais individu médiocre.Un livre comme celui-là est plus qu'un témoignage : c'est un faisceau de lumière braqué sur la justice.
“Giono’s prose is a singularly fine blend of realism and poetic sensibility.” — The Washington PostGiono’s very own Moby-Dick, a sensational maritime journey that follows a crew inwards on a spiritual tale of evocative sea-glimpsesAn allegorical critique of modern civilization and the damages of war, Giono’s oft-overlooked seafaring tale sweeps the reader along a narrative as poetic and undulating as the wind, tacking between the sea’s mysteries and the intricacies of the men’s conversations and inner thoughts as they attempt to grasp the sensory reality around them.“I no longer have any interest in living under the conditions that this era allows,” writes the Captain of L’Indien, a ship whose radio remains packed in a crate in the hold. The men aboard won’t be needing it; they have no interest in connecting with the world of ordinary men. With enough provisions to last them five years, they set sail in July of 1940 for the South Seas, leaving civilization behind in search of the unknown.Hastening onwards, Giono’s men steer deeper into themselves, seeking a purpose beyond the “world in upheaval” they left behind—a moving and spiritual work written by one of Europe’s most ardent 20th-century pacifists.A sensational novel that delves into the unknown reaches of the sea and soul, perfect for readers seeking a poetic escape that challenges the political and social status-quo.
"- Non, je les connais, beaux masques ! Je n'ai pas besoin de lorgnette. Voilà ce qu'ils font, écoute : au moment où Murataure pique droit sur Quelte, la baronne a entendu le bruit du moteur (et peut-être même les coups de trompette ; il est encore assez cocardier pour trompeter, le Murataure) et elle a pris son fusil de chasse. Elle monte au second ; elle a ouvert la fenêtre ; elle surplombe. Quand la voiture passe à côté de Quelte, la baronne tire ses deux cartouches de chevrotines sur l'automobile. Elle recharge à toute vitesse et elle tire encore deux fois sur Murataure qui s'esquive et qui s'en va."
La Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix est écrite durant l'été 1938, entre le début juillet et la mi-août. Jean Giono la rédige dans une atmosphère de bouleversement. En pacifiste convaincu il sait que depuis l'Anschluss les Français se préparent de plus en plus à la guerre et sont prêts à la faire. Son intention n'en est que renforcée : "Continuer à combattre, écrit-il le 16 mars dans son journal, contre le militarisme et forcément commencer par lutter contre celui de ma patrie." Or abattre la guerre, c'est abattre l'Etat, quel qu'il soit. Le Giono des premiers écrits, le romancier décrivant un monde paysan accordé aux grands rythmes élémentaires, somme toute assez inoffensif, laisse place au penseur engagé, politiquement incorrect. La lutte que le "pacifiste-anarchiste" engage ici, aux côtés des paysans du monde entier, contre la guerre et contre l'Etat est une lutte perdue d'avance.La guerre et l'Etat, tant totalitaire que démocratique, passeront par là. Et pourtant en parlant aux paysans, Giono sait qu'il parle de choses humaines valables pour tous. Il sait que son message portera loin, et ce faisant qu'il saura à sa manière rendre compte de l'évidence : "tous les peuples du monde sont prisonniers". Paysans et non-paysans partagent, malgré eux, la même communauté de destin.Celui d'un monde aux prises avec le culte de la vitesse, de la technique et du progrès, dont le propre est, petit à petit, d'éliminer le naturel au profit de l'artificiel. Un monde qui aujourd'hui voit plusieurs centaines de millions de paysans souffrir de la faim. Cet éloge de la pauvreté et de la paix nous force à nous retourner sur la figure du paysan, mais aussi à questionner une société occidentale se donnant en modèle et refusant de fait toute contestation.Recevoir cette lettre et la lire c'est un peu devenir paysan soi-même, c'est regagner le droit d'être libre et autonome. Extrait de la préface rédigée par Alexandre Chollier