
Jean Bruno Wladimir François de Paule Le Fèvre d’Ormesson est un écrivain, chroniqueur, éditorialiste et philosophe français. Ancien élève de l’École normale supérieure. Agrégé de philosophie. Directeur général du Figaro de 1974 à 1977. Secrétaire général, puis Président du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines à l’UNESCO. Élu à l‘Académie française, le 18 octobre 1973, au fauteuil de Jules Romains (12e fauteuil). Jean Bruno Wladimir François de Paule Le Fèvre d’Ormesson is a French writer, journalist, columnist and philosopher. Alumnus of the École normale supérieure. Degree in philosophy. CEO of Figaro from 1974 to 1977. Secretary-General, then President of the International Council of Philosophy and Human Sciences at UNESCO. Elected to the Académie française (French Academy), October 18, 1973, chair of Jules Romains (12th chair).
Disons d'abord ce que ce livre n'est pas: une anthologie de plus de la poésie - ou de la littérature - française. Ce sont des proses et des poèmes que je connais - ou connaissais - par cœur. Ce qui figure dans ces pages, ce sont des mots qui ne sont pas de moi et qui valent mieux que moi, mais qui, à force de familiarité, d'admiration, d'une répétition intérieure proche de la rumination, ont fini par se confondre avec moi. Ils tournent, pour la plupart, autour de ces passions qui nous donnent à tous tant de bonheur et tant de souffrance. Et toi mon cœur pourquoi bats-tu. Renonçant à la fois à l'ordre chronologique ou alphabétique et au classement par thèmes, j'ai choisi de présenter en désordre, en vrac, comme ils me venaient à l'esprit et au cœur, ces mots ailés au lecteur. J'ai cherché à donner du plaisir, et peut-être nu peu d'émotion. Il y a encore autre chose: une élévation, une hauteur, une sorte d'appel vers ailleurs. « La littérature, écrit Pessoa, est la preuve que la vie ne suffit pas. » Les textes ici réunis ont le pouvoir mystérieux de rendre la vie plus belle et de transformer notre existence.
C'est à la question : "Qu'est-ce que je fais là ?" que s'efforce de répondre ce manuel de poche qui n'a pas d'autre ambition que de décrire avec audace, avec naïveté, avec gaieté ce monde peu vraisemblable où nous avons été jetés malgré nous et de fournir vaille que vaille quelques brèves indications sur les moyens d'en tirer à la fois un peu de plaisir et, s'il se peut, de hauteur.
Nous sommes des êtres vivants qui nous interrogeons sur ce que nous faisons là, sur ce qui s'est passé avant, sur ce qui arrivera après. Le coeur du problème est de savoir - ou de deviner, d'imaginer - si toute vie est absurde ou si le monde a un sens. Et une fois au moins, dans la vie de chacun d'entre nous, on peut penser que deux questions - et deux questions seulement - auxquelles il est difficile de se soustraire ne peuvent manquer de se poser ; La première est : Dieu existe-t-il ? La seconde est : qu'y a-t-il après la mort ? À ces deux questions, Jean d'Ormesson répond : moins invraisemblable que les systèmes inventés pour le remplacer, Dieu n'est pas impossible et il est permis d'espérer après la mort, quelque chose que les hommes ne peuvent ni concevoir ni imaginer et dont ils sont incapables de parler.
À Venise, au pied de la Douane de mer, en face du palais des Doges et de San Giorgio Maggiore avec son haut campanile, deux jeunes gens qui s'aiment vont écouter, le soir, un personnage surprenant qui porte beaucoup de noms. Ses récits les emportent, à travers l'espace et le temps, dans un tourbillon d'aventures où passent à toute allure, sous des éclairages imprévus, assez peu familiers aux enfants des écoles, Stendhal et Christophe Colomb, des Chinois et des Arabes, le procurateur de Judée et des guerriers vikings, le raid israélien sur Entebbe et l'invention du zéro, les amours de Pauline Borghèse et 'Les Mille et Une Nuits', toutes les passions du monde et aussi ses misères. L'homme à l'imperméable, qui raconte, avant de disparaître comme il est apparu, ces souvenirs ou ces fables qui se confondent avec la vie, se prétend condamné à l'immortalité pour avoir refusé, sur le chemin du Calvaire, un verre d'eau à Jésus titubant sous sa croix.
À partir d'une promenade dans nos origines, ce livre raconte l'histoire de l'univers. Sous les traits d'un détective métaphysique, Jean d'Ormesson mène l'enquête et tente avec gaieté de percer ce mystère du rien, c'est-à-dire du tout. Ravissement et surprises sont au rendez-vous de son épatante entreprise.
Non pas suite mais peut-être complément du précédent roman, ce livre-ci se décline en trois parties et chacune correspond à une question ou à un constat que tout esprit un peu affuté pose. Un roman de société : "Tout passe." Nous vivons une époque de transition, les livres, la famille, les mœurs, les frontières, les monnaies jusqu'à la religion. Tout se sait puisque, par la Toile, chacun est immédiatement informé du sort de tous. Pour illustrer ce propos, se déroule une histoire sentimentale contemporaine où un bouddhiste milliardaire et communiste fait irruption dans une famille traditionnelle. Un roman d'amour : "Rien ne change." Un écrivain cherche sa voie et il ne s'en sort que par l'amour d'une femme, Marie. Il se donne à elle qui le rend à lui-même. L'amour est plus important que la littérature et que tout le reste. Il ne consiste pas à se regarder dans les yeux mais à regarder le monde ensemble. Le spectacle du monde entraîne leur étonnement et leur admiration, qui sont à la racine de toute connaissance. Le roman de société s'est changé en roman d'amour, qui lui-même va se changer en roman de l'univers. Un roman de l'univers : "Il y a au-dessus de nous quelque chose de sacré." Au grand-père - désormais classique - de l'auteur, à Pama le bouddhiste, à Marie, s'ajoute Dieu comme un des principaux personnages du livre. Car comment peut-on parler d'autre chose que de Dieu ? Suit une petite histoire de l'humanité par ceux qui l'ont pensée et faite : les philosophes et les scientifiques. Un combat s'est engagé entre Dieu et la science. La position de l'auteur, catholique et agnostique, est de laisser ses chances à Dieu. Ce livre est aisé et profond. On y retrouve ce qui a fait le succès des précédents ouvrages : la foi en la littérature, l'importance des sentiments, l'absence d'illusions, le goût du bonheur, la recherche de la vérité. Le tout comme soulevé par la grâce d'un style et d'une écriture ailée.
Pour se défendre dans un procès qu’il s’intente à lui-même, l’auteur fait défiler au galop un passé évanoui. Il va de l’âge d’or d’un classicisme qui règne sur l’Europe à l’effondrement de ce "monde d’hier" si cher à Stefan Zweig. De Colbert, Fouquet, Bossuet ou Racine à François Mitterrand, Raymond Aron, Paul Morand et Aragon. Mais les charmes d’une vie et les tourbillons de l’histoire ne suffisent pas à l’accusé : "Vous n’imaginiez tout de même pas que j’allais me contenter de vous débiter des souvenirs d’enfance et de jeunesse ? Je ne me mets pas très haut, mais je ne suis pas tombé assez bas pour vous livrer ce qu’on appelle des Mémoires."Les aventures d’un écrivain qui a aimé le bonheur et le plaisir en dépit de tant de malheurs cèdent peu à peu la place à un regard plus grave sur le drame qui ne cesse jamais de se jouer entre le temps et l’éternité, et qui nous emportera.Prix des députés 2016
Avec ce livre testament Jean d'Ormesson achève sa trilogie (Comme un chant d'espérance,Guide des égarés) qui constitue trois tentatives de réponse à la question : Que fais-je là ? Détective métaphysique, il poursuit ce questionnement et tente avec gaieté de percer ce mystère. Et au fil des pages nous invite à rêver, à espérer, à croire." Grâce à Dieu, je vais mourir. Comme tout le monde. Comme vous. Avant vous sans doute : ma vie est déjà longue, j'approche du bout du chemin. Mais rien de plus capricieux que cette mort si certaine. L'histoire est imprévisible. Ce qu'il faut dire avec force dès le début de ce petit livre, c'est que personne n'est sûr de rien. " Ainsi s'ouvreUn hosanna sans fin." Disons les choses avec simplicité, avec une espèce de naïveté : il me semble impossible que l'ordre de l'univers plongé dans le temps, avec ses lois et sa rigueur, soit le fruit du hasard. Du coup, le mal et la souffrance prennent un sens - inconnu de nous, bien sûr, mais, malgré tout, un sens. Du coup, je m'en remets à quelque chose d'énigmatique qui est très haut au-dessus de moi et dont je suis la créature et le jouet. Je ne suis pas loin de penser qu'il n'y a que l'insensé pour dire : " Il n'y a pas de Dieu. " Je crois en Dieu parce que le jour se lève tous les matins, parce qu'il y a une histoire et parce que je me fais une idée de Dieu dont je me demande d'où elle pourrait bien venir s'il n'y avait pas de Dieu. "
The Glory of the Empire is the rich and absorbing history of an extraordinary empire, at one point a rival to Rome. Rulers such as Basil the Great of Onessa, who founded the Empire but whose treacherous ways made him a byword for infamy, and the romantic Alexis the bastard, who dallied in the fleshpots of Egypt, studied Taoism and Buddhism, returned to save the Empire from civil war, and then retired “to learn to die,” come alive in The Glory of the Empire , along with generals, politicians, prophets, scoundrels, and others. Jean d’Ormesson also goes into the daily life of the Empire, its popular customs, and its contribution to the arts and the sciences, which, as he demonstrates, exercised an influence on the world as a whole, from the East to the West, and whose repercussions are still felt today. But it is all fiction, a thought experiment worthy of Jorge Luis Borges, and in the end The Glory of the Empire emerges as a great shimmering mirage, filling us with wonder even as it makes us wonder at the fugitive nature of power and the meaning of history itself.
En hommage à la mémoire de son grand-père, symbole de la tradition, contraint de s'éloigner à jamais de la terre de ses ancêtres, le cadet d'une vieille famille française enfermée dans l'image du passé raconte ce qui a été et qui achève de s'effondrer. Le berceau de la tribu, le château de Plessis-Lez-Vaudreuil, est au centre de cette longue chronique qui embrasse, depuis les croisades jusqu'à nos jours, l'histoire du monde, du pays, du clan, de tout ce que la lignée a incarné et en quoi elle a cru, et qui s'est peu à peu effrité. Un mariage d'amour et d'argent, les idées contemporaines et subversives, les livres, les mœurs nouvelles ouvrent successivement des brèches dans la forteresse de la tradition. L'histoire du XXè siècle, avec ses situations paradoxales, précipite la mutation et la décadence d'une famille qui avait su, à travers tous les cataclysmes, maintenir ses privilèges et conserver son charme. Le narrateur n'ignore pas qu'il est le dernier à connaître une forme de vie condamnée. Se jouant de la chronologie et de l'imagination, il brosse avec désinvolture et nostalgie, sur la vaste toile de fond du siècle, une galerie de portraits et de croquis où ne manquent ni l'émotion ni l'ironie. Tout le livre est empreint d'une mélancolie qui lui donne sa résonance et sa poésie. On passe d'un épisode dont l'humour rappelle celui de Proust à une page poignante et presque désespérée. C'est le "regret souriant" et c'est le charme du temps perdu et retrouvé dans le souvenir. C'est ici l'histoire d'une famille imaginaire brillamment repensée, avec une sorte, à la fois, de lassitude et d'allégresse. Le lecteur ne pourra s'empêcher de lui chercher des modèles. Mais au-delà des clés qu'on ne se fera pas faute de découvrir, c'est tout un pan de la société française que nous voyons s'écrouler sous nos yeux.
Il n’y a qu’un seul roman – et nous en sommes à la fois les auteurs et les personnages : l’Histoire. Tout le reste est imitation, copie, fragments épars, balbutiements. C’est l’Histoire que revisite ce roman-monde où, tantôt homme, tantôt femme, le narrateur vole d’époque en époque et ressuscite sous nos yeux l’aventure des hommes et leurs grandes découvertes. Vivant de cueillette et de chasse dans une nature encore vierge, il parvient, après des millénaires de marche, sur les bords du Nil où se développent l’agriculture et l’écriture. Tour à tour africain, sumérien, troyen, ami d’Achille et d’Ulysse, citoyen romain, juif errant, il salue l’invention de l’imprimerie, la découverte du Nouveau Monde, la Révolution de 1789, les progrès de la science. Marin, servante dans une taverne sur la montagne Sainte-Geneviève, valet d’un grand peintre ou d’un astronome, maîtresse d’un empereur, il est chez lui à Jérusalem, à Byzance, à Venise, à New York. Cette vaste entreprise d’exploration et d’admiration finit par dessiner en creux, avec ironie et gaieté, une sorte d’autobiographie intellectuelle de l’auteur.
Philippe, qui n'a connu que le plaisir, rencontre Béatrice en Italie. Elle lui semble jolie, sans plus, et douce. Philippe s'amuse au début de cet " amour pour rien " qui peu à peu le prend, l'occupe, l'obsède. Bientôt lassée par l'apparente légèreté du jeune homme, Béatrice se détourne de lui. Alors, mais trop tard, Philippe comprend que cet amour dont il jouait s'est mué en passion. Jean d'Ormesson, tout au long de ce récit doux-amer, tisse la trame d'un malheur et son envers persistant : un certain bonheur de vivre.
لا شيء تقريبا عن كل شيء تقريبا اسم غريب لكتاب أغرب، هذا الكتاب يثبت من جديد وللمرة الألف واحدة من أهم خصائص فن الرواية التي تحدث عنها مبدوعوها ودارسوها على السواء: أنها فن بالغ المرونة، وأنها فن بإتساع الكون، وقابل لأن يحتوي بداخله كل شىء، وكل شكل من أشكال الكتابة. يسمى المؤلف كتابه وبإصرار (رواية) وليس فيه من خصائص الرواية التي يعرفها القراء ويتوقعونها شىء، فلا بطل ولا شخوص ولا حكاية ولا سرد ولا حوار ولا حبكة. . لا شىء تقريبا. إنه كتاب موسوعي بالمعني الدقيق لكلمة، ففيه من علوم الفيزياء ، الي تاريخ الأمم والحضارات المختلفة، الي ما يتصل بتخلق الكون والجيولوجيا وطبقات الأرض، الي علوم الإنسان والأنثربولوجيا، الي الفنون والآداب بأنواعها المختلفة وفي عصورها المختلفة
R150226808. C'ETAIT BIEN. 2003. In-12. Broché. Bon état, Couv. convenable, Dos satisfaisant, Intérieur frais. 252 pages - ACHEVE D'IMPRIMER LE 14 FEVRIER 2003 - plastifié - DEDICACE DE L'AUTEUR -. . . . Classification Dewey : 840.092-XXI ème siècle
« Mon grand-père aimait le passé. Moi, j'étais comme tout le monde : je préférais les filles, et les baiser. je ne pensais à rien d'autre. je venais d'avoir seize ans. j'étais en terminale. je préparais le bac. l'école m'ennuyait à périr. et la vie encore plus. je détestais le lycée, les lundis, la roulette russe des examens et, plus tard, des concours, la sombre noria des jours. je détestais plus encore le monde autour de moi et la vie devant moi.Le monde me cassait les pieds, la vie me faisait peur. l'avenir avait l'allure d'un éternel lundi, d'un bac sans cesse recommencé. de temps en temps, à la maison, un imbécile bénévole me demandait ce que je voulais faire lorsque je serais grand. j'étais déjà assez grand : j'avais un mètre quatre-vingt-neuf. je le regardais avec fureur. ce que je voulais faire ? rien du tout, tête de lard. j'avais plutôt envie de mourir. »
Un soir de l'hiver 1803-1804, aux Tuileries. Une conversation imaginaire entre Bonaparte et son deuxième consul, Jean-Jacques Régis de Cambacérès, celui à qui il ne cache rien et demande tout. Au comble de la tension entre l'esprit révolutionnaire et l'avidité de puissance, le vainqueur d'Arcole tente de rallier son complice à ses convictions. Une seule volonté anime le héros républicain : bâtir sa légende de son vivant. L'empire, va-t-il démontrer avec éloquence, c'est la république qui monte sur le trône. Jean d'Ormesson saisit l'ambition au moment où elle se change en histoire, le rêve sur le point de devenir réalité.Extrait:L'histoire offre des moments où elle semble hésiter avant de prendre son élan : Alexandre le Grand à la tête de ses phalanges à l'instant d'attaquer l'Empire perse aux ressources inépuisables ; Hannibal quand il décide de passer les Alpes avec ses éléphants pour frapper Rome au coeur ; César - l'exemple le plus célèbre - sur les bords du Rubicon ; le général de Gaulle à Bordeaux, à l'aube du 17 juin 1940, quand il monte dans l'avion du général Spears qui va l'emmener vers Londres, vers la rébellion, vers une résistance qui peut paraître alors sans espoir - et vers la gloire.C'est un éclair de cet ordre que j'ai tenté de saisir : l'instant où Bonaparte, adulé par les Français qu'il a tirés de l'abîme, décide de devenir empereur.Il y a toute une préhistoire qu'il faut garder présente à l'esprit. En novembre 1799, Bonaparte a trente ans. Avec la complicité de Sieyès, après avoir acheté le concours de Barras et avec l'aide de son frère Lucien, il a réussi de justesse, à son retour d'Égypte, le coup d'État du 18 brumaire an VIII : il met fin à un Directoire discrédité qui a duré quatre ans. Les cinq directeurs (seuls les deux premiers comptent) - Barras, Sieyès, Gohier, Roger Ducos, Moulin -sont remplacés par une «commission consulaire» de trois membres - Sieyès, Ducos, Bonaparte -, bientôt remplacée elle-même, grâce à une nouvelle Constitution, par un autre trio : Bonaparte, premier consul ; Cambacérès, deuxième consul ; Lebrun, troisième consul. Le Premier consul a tous les pouvoirs. Le deuxième et le troisième consul n'ont qu'une voix consultative.La situation du pays est terrifiante. Le commerce et l'industrie sont ruinés. La production industrielle est réduite de 60 % à Paris, de 85 % à Lyon. Les ports de Marseille et de Bordeaux sont pratiquement fermés. Le réseau routier est détruit. Le service des diligences n'est plus assuré. Un brigandage généralisé s'étend à l'ensemble du territoire, surtout en Provence et dans l'Ouest. Les forêts et les cultures sont dévastées. La monnaie a été dévaluée de 99 %. Les caisses de l'État sont vides. La paye des fonctionnaires et de l'armée accuse un retard de plus d'un an. Les rentes ne sont plus versées. Il n'y a plus de budget établi. Un délire de plaisirs a détruit les moeurs.
L'auteur meurt à la première ligne. Au moment où il survole, avec un sentiment de mélancolie dû à sa situation, la Douane de mer à Venise, il tombe sur un esprit venu d'Urql, dans une lointaine galaxie, pour étudier l'univers.L'esprit surgi d'ailleurs s'appelle A. Il considère avec stupeur une planète dont il ne sait rien et qu'il a du mal à comprendre. Le défunt s'appelle O. Avant de quitter à jamais pour une destination inconnue les bonheurs et les plaisirs de notre vallée de larmes, O va présenter le monde à son nouvel ami.Trois jours durant, à l'usage des gens d'Urql qui ont le malheur d'ignorer que nous sommes le centre de tout, A et O, aile contre aile, parcourent l'espace et le temps et rédigent un rapport sur la Terre et les hommes.
"Ce n'était pas la première fois que les hommes mettaient Dieu hors de lui. Le visage fermé, le regard sombre, les mains derrière le dos, il faisait les cent pas dans son éternité. Il se disait que sa vie serait meilleure sans les hommes. Il leur avait tout donné. Et d'abord l'existence. Il finissait par se demander s'il avait bien fait de les tirer du néant. La tentation lui venait de les abandonner à eux-mêmes. On verrait bien ce qu'ils deviendraient s'il se refusait tout à coup à soutenir l'univers, si la Terre cessait de tourner, si le Soleil ne les chauffait plus et ne les éclairait plus, si les lois de la physique s'effondraient brutalement, si le temps s'arrêtait. Il fit appeler l'ange Gabriel, qui lui avait déjà, à plusieurs reprises, servi de messager auprès des hommes. Gabriel, une nouvelle fois, descendit sur la Terre. Il s'installa chez moi. Et, pour essayer de fléchir l'Éternel, je rédigeai avec lui le rapport qui porte son nom."
Quatre amis passent des vacances dans une île de Méditerranée. L'un d'entre eux a apporté un manuscrit signé Simon Laquedem. Sa lecture provoque des réactions contradictoires...Un ange annonce à Simon qu'il est le nouvel Abraham, le nouveau Moïse, le nouveau Mahomet et que Dieu insiste pour lui parler. Dieu lui apparaît et lui raconte avec simplicité et clarté les origines de l'univers, le big-bang, l'espace et le temps, l'eau, l'air, la lumière, la vie des hommes, leur pensée et leur histoire.Entre Bible et bande dessinée, entre texte sacré et canular, cette odyssée allègre de l'esprit universel.
Ce que raconte Le Vent du soir, c'est une histoire dans l'Histoire. L'action commence vers le milieu du siècle passé ; la scène, le monde : du Brésil à Venise, de la Russie aux Indes, en Afrique du sud, en Ecosse, à Vienne...Les personnages, dont un grand seigneur russe, une négresse de Bahia, un jeune juif polonais, un dictateur d'Amérique du Sud, une française égarée à Saint-Pétersbourg, Verdi...vivent des passions dévorantes, des aventures e cascades, des coups de tête, des coups de cœur, des coups du sort et même des coups de théâtre.
"Deux ou trois étés de suite, nous avions lâché l'Italie pour l'une ou l'autre des îles grecques. Nous louions pour pas cher des maisons qui étaient loin des villages et tout près de la mer. Les voitures, les journaux, les faits divers, les impôts, les débats de société et les institutions, nous les laissions derrière nous avec Margault et Romain. À Naxos, notre fenêtre donnait sur un champ de lavande. À Symi, nous avions un figuier au milieu du jardin. J'écrivais à son ombre un livre sur mon enfance qui allait s'appeler Au plaisir de Dieu... Nous marchions sur le sable, nous dormions beaucoup, nous ne voyions personne, nous nous baignions à tout bout de champ, nous nous nourrissions de tomates, de mezze, de feuilles de vigne farcies, de tzatziki. Les journaux de Paris arrivaient une fois par semaine au port où nous n'allions pas les chercher. Non, nous ne nous ennuyions pas. Nous ne faisions presque rien. Nous nous aimions."
Il était une fois, dans une vallée lointaine entourée de montagnes, un petit garçon. Le chemin de fer passait près de chez lui et l'enfant guettait le train qui filait comme une flèche à travers la campagne. Son désir le plus grand était de monter dans ce train. Bientôt, il tombe très malade. Pour le réconforter, ses parents, aidés du médecin, décident de l'emmener à la gare.
«J'aime les livres. Tout ce qui touche la littérature – ses acteurs, ses héros, ses partisans, ses adversaires, ses querelles, ses passions – me fait battre le cœur. Le triomphe du Cid m'enchante. La "petite société" autour de Chateaubriand et de cette raseuse de Mme de Staël m'amuse à la folie. La mort de Lucien de Rubempré me concerne autant que Wilde ou le baron de Charlus. Et, j'aime mieux le dire tout de suite, Proust me fait beaucoup rire.En un temps où les livres sont contestés et menacés par la montée de quelque chose d'obscur qui ressemble à la barbarie, cette histoire de la littérature n'a d'autre ambition que d'inviter le lecteur à en savoir un peu plus sur les œuvres passées ici en revue. Si elle donne à quelques gens d'aujourd'hui l'envie d'ouvrir un roman de Stendhal ou de Queneau ou de découvrir un poème d'Aragon, l'auteur aura atteint son but. Il aura largement été payé de son temps et de sa peine qui fut aussi un plaisir.» Jean d'Ormesson.
"Qu'ai-je donc fait? J'ai été heureux dans un inonde cruel dont j'ai admiré presque tout jusque dans les chagrins." Jean d'Ormesson nous invite à suivre l'adage latin qui recommande de consacrer nos heures si brèves à des œuvres immortelles. Œuvres inépuisables de la nature et des splendeurs de toute la terre et de l'art, le spectacle du génie des hommes, le commerce enchanteur des écrivains et des poètes, celui, délicieux, du cœur et du corps des femmes, la recherche toujours fuyante d'un dieu caché, le charme intemporel de certains instants mélangé à la triste certitude que tout s'efface et s'oublie. Un nouvel hymne d'amour à un certain art de vivre par un enfant du siècle, profondément épicurien, qui n'a pas fini de nous faire aimer la vie.
Cet homme, ce causeur éblouissant qui parle à une jeune femme d'aujourd'hui, a beaucoup reçu en partage : la naissance, la fortune, la réussite temporelle, le talent et le charme. Il a toujours placé au-dessus de tout la littérature, qui exige solitude et travail. Et c'est ainsi qu'il est devenu l'un des écrivains préférés des Français... La vie du narrateur, de ce patricien des Lettres ressemblant parfois à celle de l'auteur, n'a jamais cessé d'être une fête de l'esprit et du plaisir. Le temps de ce voyage mélancolique et enchanteur à travers ses souvenirs, il se fait professeur de beauté, d'intelligence et de bonheur, un maître d'une certaine philosophie de l'existence. Et cet ouvrage devient un livre de chevet.
« - Elles sont inouïes, me dit Carlos.- De qui parles-tu ?- Des quatre sœurs O'Shaughnessy, naturellement. Inouïes.- N'exagérons pas, lui dis-je. Tout ce petit monde est exactement comme on doit être quand on a de l'argent, un château en Ecosse, du sang russe et irlandais, Verdi parmi ses ancêtres et le physique que nous savons.- Alors, c'est leur caste qui est insupportable, leur famille, leur façon d'être, leur milieu, comme ils disent. Tout le monde ici, et jusqu'à son propre père, se demande pourquoi Pandora a choisi ce garçon et quelle mouche l'a piquée. Et sa sœur Vanessa : amoureuse d'un nazi ! Je crois qu'Atalanta est déjà perdue, elle aussi. Elle va épouser un duc imbécile ou un banquier très riche ou peut-être l'un et l'autre. Le cumul n'est pas interdit. Il n'y a que la petite Jessica qu'on puisse encore sauver. Pourquoi, pourquoi s'intéresser à ces gens-là ?- Ce sont les plus belles, dis-je en riant. Reconnais au moins qu'elles sont belles et que, pour une raison ou pour une autre, on se sent assez bien avec elles. Rien de plus injuste, je le sais. Mais qu'y faire ! Tous les hommes en sont fous. »
. 8vo pp. 380 Brossura (wrappers) Molto Buono (Very Good)
Je voudrais ici, tout de suite, dire et répéter avec force que le second tome est très loin de signifier un second choix. Je n'allais pas tirer toutes mes cartouches d'un coup, dès le premier assaut. Je gardais pour la suite quelques biscuits de réserve et des trésors encore cachés. La méthode suivie dans ce deuxième volume est la même que dans le premier: présenter en quelques mots l'écrivain et son oeuvre; les situer dans leur temps; tâcher de leur rendre, sous la rouille, leur jeunesse et leur nouveauté; montrer ce qui fait leur importance, et mieux encore leur charme; donner quelques exemples de leur manière et de leur génie. Je ne parle pas des vivants, parce que la mort et le temps n'ont pas pu accomplir leur travail de faucheur, de crible, de critique et d'arbitre; et je parle des morts comme s'ils étaient vivants. S'il fallait résumer en deux mots l'image que nous nous faisons de la littérature, nous dirions: le plaisir et le style. Le plaisir : les histoires, l'intrigue, les personnages, la surprise et la gaieté, l'intelligence et la hauteur, le souvenir et l'espérance. Tout cela n'est rien et ne peut rien être sans le dieu mystérieux qui règne sur les mots et qui donne son statut à la littérature: le style. Tels qu'ils sont, en tout cas, les deux tomes de cette histoire menée au pas de charge et pleine d'impertinence - dans tous les sens du mot - peuvent peut-être constituer une sorte d'introduction à un des chefs-d'oeuvre les plus accomplis de l'esprit des hommes depuis son éclosion: la littérature
Il y a beaucoup de façons de lire ce livre.Il peut apparaître, successivement et au choix, comme un aperçu de la carrière de Chateaubriand, comme une étude sur Hortense Allart, comme une contribution à la vie et à l'œuvre de Julien Pontarlier. Comme un roman d'aventures, comme un roman policier, comme un roman d'espionnage. Comme une sorte de poème en prose sur les problèmes les plus généraux. Comme une histoire d'amour. Comme une quête des origines, comme une introduction à l'eschatologie. Comme plusieurs autres ouvrages encore et, en fait, comme presque tous, ou plutôt comme tous, que la seule idée de Dieu suffit d'ailleurs largement à couvrir et à justifier. À plusieurs égards et à l'extrême rigueur, comme une autobiographie, non seulement de l'auteur, ce qui est assez courant, mais chose plus rare, du lecteur.Enfin, pour ceux qui, sous un prétexte ou un autre, ne pourraient - ou ne voudraient - pas lire ce livre sur «Dieu, sa vie, son œuvre», le spectacle de la nature, la vie quotidienne, l'histoire le remplaceraient sans trop de peine.
by Jean d'Ormesson
Rating: 3.5 ⭐
Entre la Révolution française et la révolution de 1848, la France connaît la période la plus agitée de son Histoire. A chaque instant, François-René de Chateaubriand tient sa place et joue son rôle; l'époque sert de décor à la carrière d'un des plus grands auteurs français. Académicien, ambassadeur, pair de France, ministre et restaurateur de la religion catholique, il est couvert d'honneurs. Il est aussi couvert de femmes. La liste est longue et célèbre. Ce petit Breton, cet immense écrivain est un séducteur irrésistible. Il voit se lever autour de lui, à chacun de ses pas, des bataillons d'admiratrices en fleurs, armées et casquées pour les combats de l'amour. Les "Madames", comme les appelait sa femme légitime, riaient, pardonnaient, pleuraient, mouraient ou devenaient folles. A travers leurs aventures, c'est un pan de notre histoire qui apparaît, illuminé par la présence d'un des grands génies de la littérature universelle, adulé, critiqué, haï, adoré, qui fit dire à des milliers de jeunes gens après Victor Hugo: "Etre Chateaubriand ou rien".